Katharine Hepburn, la grande actrice hollywoodienne recordwoman des oscars (4 !), la grande amoureuse de Spencer Tracy, la femme de caractère… Portrait avec Guillemette Odicino.

 Affiche de "BRINGING UP BABY" [US 1938] avec KATHARINE HEPBURN, CARY GRANT
Affiche de "BRINGING UP BABY" [US 1938] avec KATHARINE HEPBURN, CARY GRANT © Sipa / RONALDGRANT/MARY EVANS

Guillemette Odicino, dans son émission "On s'fait des films", revisite avec Antoine Sire la carrière de l'actrice hollywoodienne Katharine Hepburn.

Eric Libiot  :

 Katharine Hepburn est comme un cheval de Troie à l’intérieur du système très classique américain. Elle a fini par changer les mentalités en jouant dans des films très classiques, très grand public.

Selon l'American Film Institute, c’est “la plus grande actrice de cette époque là”. L'actrice a remporté quatre oscars au cours de sa carrière (record encore inégalé aujourd'hui)… elle a aussi rencontré sa part d'échecs, parfois retentissants (du moins à l'époque).

Selon Antoine Sire,  "ces bides  venaient souvent de la manière dont elle provoquait les Américains. Et puis à partir de 1940, la guerre a fait évoluer les mentalités, et elle pouvait embrasser les combats de son époques autrement que par les scandales, en étant dans des films un peu plus conventionnels mais dans lesquelles elle faisait progressivement avancer les consciences".

Prenons le temps de nous arrêter sur quelques œuvres de sa filmographie...

Morning Glory de Lowell Sherman (1933)

Ce film raconte l'itinéraire d'une jeune femme qui veut être actrice contre l'avis de ses parents. Pour Katharine Hepburn, c'est quasi autobiographique. A 20 ans, elle est déjà une femme très énergique et très volontaire : "C’est elle qui, voyant un scénario sur la table de  Pandro Bermanqui est Morning Glory, le prend, le lit, se dit qu’il faut qu’elle soit dans le film, revient pour un nouveau rendez-vous et dit "Je dois faire ce film" - qui est son premier oscar" raconte Bertrand Tavernier.

Sylvia Scarlett de George Cukor (1935)

Le film fit scandale et lors de sa première projection, le public huait Cary Grant et Katharine Hepburn… Elle y est déguisée en homme et fait partie d’une troupe de théâtre . Une actrice de la troupe va tomber amoureuse d’elle, ce qui va amener l'un des tout premiers baisers lesbiens de l’Histoire du cinéma.

Bringing up Baby d'Howard Hawks (1938)

Aujourd'hui, cette comédie à la fois burlesque et sophistiquée est l'une des screwball comedy les plus vues et revues. A l’époque, c'était un échec commercial - au point que le réalisateurHoward Hawks fut viré de la RKO à cause de ce film.

Antoine Sire :

D’une certaine manière, le personnage joué par Katharine Hepburn est un peu un caricature d'un personnage de Katharine Hepburn qui voulait absolument tout avoir. Et comme elle est très intelligente, elle ne peut pas s’être laisser caricaturer sans s’en rendre compte.

The Philadelphia Story de George Cukor (1940)

Le fait même que ce film existe montre bien la force de caractère de Katharine Hepburn. Juste avant, sa carrière est un peu en panne. Elle décide d’aller au théâtre, où elle joue (415 fois !) Philadelphia’s Story à Broadway. La MGM lui propose d’adapter la pièce... Comment cette actrice rebelle aux idées avancées va devenir la star du plus conventionnel des studios américains :

The Woman of The Year de George Stevens (1941)

Deux journalistes qui d’abord s’affrontent… et qui, puisqu'on est dans un film hollywoodien, vont se marier. Elle y rencontre l’homme de sa vie, Spencer Tracy. Selon Antoine Sire :

Ils vont installer pour les Américains le rôle de ce qu’est un couple moderne.

Ils vont faire ensemble l’un des plus grands films sur les couples et les disputes de couple : Madame porte la culotte.

_Guess Who's Coming for Dinner ? _de Stanley Kramer (1967)

Mais garde toi bien de tomber amoureuse d’un nègre…

Ce film de Stanley Kramer raconte qu’une femme blanche peut épouser un homme noir dans les années 1960.

A l’époque le code Hays interdisait les unions interraciales. Le code est en vigueur jusqu’en 1966 ; le film sort en 1967... Qui va jouer le pivot de l’histoire dans ce film qui fait avancer les idées de la société américaine ? Katharine Hepburn bien sûr... et en plus elle y décroche un Oscar.

The African Queen de John Huston (1951)

C'est un film qui donne une autre facette de l'Amérique, une autre facette de Katharine Hepburn parce qu'elle a un vrai rôle dramatique et pas très sympathique - en même temps, elle fait preuve d'une humanité.. et elle a un jeu extraordinaire.

Réécoutez le portrait de Katharine Hepburn dans son intégralité :

Mots-clés :