Né en 1916, il était considéré comme le dernier géant d'Hollywood. Connu pour ses rôles dans "Spartacus" ou "Les Sentiers de la Gloire", à l'affiche de plus de 90 films, Kirk Douglas est mort, a annoncé son fils Michael mercredi soir.

Kirk Douglas, au night club "Ciro" à Los Angeles - 5 janvier 1952
Kirk Douglas, au night club "Ciro" à Los Angeles - 5 janvier 1952 © Getty / Michael Ochs Archives

[Mise à jour : cet article, initialement publié en 2014 et mis à jour en 2016 à l'occasion des 100 ans de l'acteur, vient d'être actualisé après l'annonce du décès de Kirk Douglas]

"C'est avec une immense tristesse que mes frères et moi annonçons que Kirk Douglas nous a quittés aujourd'hui à l'âge de 103 ans. Aux yeux du monde, c'était une légende, un acteur de l'âge d'or du cinéma qui a vécu longuement, un humanitaire dont l'engagement envers la justice et les causes auxquelles il croyait a établi une norme à laquelle nous aspirons tous" : c'est par ce communiqué que l'acteur Michael Douglas a annoncé, mercredi, la mort de son père. 

C'est le magazine américain People qui a été le premier à annoncer le décès de ce géant d'Hollywood, confirmé par la famille de l'acteur - ironie du sort, le 30 novembre 2014, c'était déjà People qui annonçait le décès de Issur Danielovitch alias Kirk Douglas. Malgré un AVC en 1996, l’acteur avait fêté ses 100 printemps en 2016.

Kirk Douglas, Spartacus envoie une lettre (1960)
Kirk Douglas, Spartacus envoie une lettre (1960) © Bettman/Corbis

Kirk Douglas est né le 9 décembre 1916. Cette même année, le révolutionnaire Pancho Villa menait une attaque sur le Nouveau Mexique et en France la bataille de Verdun faisait encore rage .

Kirk Douglas c'était plus de 90 films depuis 1946, de «L’emprise du crime » (The strange love of Martha Ivers) jusqu’à « Meurtre à l’Empire State Building » (Empire State Building Murders) en 2008. C'est plus de soixante ans de carrière et près de 50 millions d'entrées dans le monde. Et l’American Film Institute l’avait classé en 1999 au 17e rang des acteurs de légende entre James Dean et Orson Welles, à égalité avec Lillian Gish, star du cinéma muet ;

A l'occasion de son 100e anniversaire en 2016, Franceinter.fr vous proposait de vous replonger dans la carrière de cet acteur mythique : 

Nous sommes en 1949. Kirk a déjà 7 films derrière lui quand il enfile les gants pour le film « Champion » de Mark Robson . Ce film dramatique en noir et blanc raconte, bien avant Rocky , l’histoire d’un boxeur luttant contre ses propres démons. Tourné en 20 jours, il offre la possibilité à Kirk d’être nommé pour la première fois aux Oscars.

Kirk Douglas pour Hollywood Reporter :

Je ne pensais pas que j’étais un dur jusqu’à ce que je tourne "Champion", après ça j’étais un vrai dur.

1952 : Kirk Douglas n’a pas renouvelé son contrat avec la Warner, pour retrouver sa liberté. Il joue entre autre dans le film de Vincente Minelli , « Les Ensorcelés » (The bad and the beautiful) , avec Lana Turner. Ce drame sur l’industrie cinématographique, là encore, permet à Kirk Douglas de concourir pour la seconde fois aux Oscars, sans succès. En 2002, la Bibliothèque du Congrès Américain classe le film à la National Film Registry.

Kirk Douglas pour Hollywood Reporter :

Vous savez, c’est difficile de faire un film sur le cinéma. Nous sommes trop concernés. Mais "The bad and the beautiful" était vraiment bon. Et je pense que Lana Turner a fait du bon boulot. Elle était vraiment bien. Je n’étais pas mauvais non plus !

1956 : Kirk Douglas incarne Vincent Van Gogh dans «La vie passionnée de Vincent Van Gogh» (Lust for life) sous la caméra de Vincente Minelli et Georges Cukor . C’est l’acteur qui est à l’initiative de ce film puisqu’il a racheté les droits du roman« Lust for life » d’Irving Stone . Il y incarne le peintre, rôle difficile à tenir psychologiquement. Avec ce film, il est une troisième fois nommé aux Oscars. C’est un échec à nouveau. Mais le jury décerne l’oscar du meilleur second rôle à celui qui incarne Paul Gauguin dans le film, Anthony Quinn .

Kirk Douglas à Hollywood Reporter (en mai 2012) :

Jouer c’est faire croire. Je n’ai jamais cru que j’étais le personnage. Je veux que le public y croit. Mais avec Lust for life , je me suis trop impliqué avec Van Gogh. C’était vraiment effrayant parce que je sentais que le personnage prenait le dessus. Ce fut une expérience vraiment très intéressante. Je n’ai jamais ressenti ça sur aucun autre film.

En 1958, avec son ami Burt Lancaster , il chante sur la scène de la 30e cérémonie des Oscars « It’s great not to be nominated » , comme un pied de nez à cette académie qui attendra 1996 pour honorer Kirk Douglas d'un Oscar d'Honneur. L’année d’avant, les deux comparses partageaient l’affiche de « Réglements de compte à Ok Corral » (Gunfight at the O.K Corral) de John Sturges . Lancaster interprète le shérif Wyatt Earp et Kirk Douglas, le rôle de Doc Holiday .

De « L’homme aux abois » (I walk alone) en 1948 à « Coup double » (Tough Guys) en 1986, ils auront tourné sept fois ensemble.

1960 : Il aurait dû incarner « Ben-Hur » mais Charlton Heston emporte le rôle. Kirk Douglas décide alors de faire son propre péplum avec « Spartacus » . Ce film va le placer définitivement parmi les géants d’Hollywood. Comme un écho à son engagement politique auprès des démocrates, il joue l’esclave qui fait trembler l’Empire Romain. Stanley Kubrick prend la place d’Anthony Mann derrière la caméra. Avec Kubrick, Douglas avait tourné quelques années auparavant « Les sentiers de la gloire » (Path of Glory) , film sur la première Guerre Mondiale. « Spartacus » est adapté du roman d’Howard Fast . Ce dernier et le scénariste du film étaient victimes du MaCarthysme qui sévissait aux Etats-Unis à l'époque. Et le livre comme le film n’en sont que plus empreints de liberté, comportant de nombreuses allusions à l’histoire américaine. Le film remporte quatre Oscars, mais aucun pour Kirk Douglas.

Kirk Douglas à Hollywood Reporter :

J’étais intrigué par le personnage de Spartacus , et je devais le faire. Et, à la même époque, nous traversions la terrible période du MacCarthysme… J’étais très fier que « Spartacus » brise la liste noire, parce que c’était vraiment important. C’est arrivé au bon moment pour moi. J’étais assez jeune pour être imprudent… C’était bien de faire un film qui plaise aux gens et qui signifie quelque chose.

Dans les années 70, Kirk Douglas passe à la réalisation. Deux films vont naître de cette envie : en 73 « Scalawag » (réinterprétation de « L’île au trésor » de Stevenson ) et « La brigade du Texas » (Posse) en 75 mais les films ne rencontrent pas le succès espéré. En 78 et 79, il tourne avec un certain Brian de Palma dans respectivement « Furie » (The Fury) et « Home Movies » . En 1980, il tourne dans le film de science fiction, «Nimitz, retour vers l'enfer» (The Final Countdown) avec Martin Sheen . Mais il ne retrouve pas forcément le succès d’antan.

En 1991, il joue dans le film « Veraz » avec Richard Bohringer. Il y incarne Quentin, un GI’s à la retraite installé dans les montagnes des Pyrénées où il protège les derniers ours. Il recueille un jeune fugueur à qui il va enseigner sa connaissance de la vie sauvage. Ce choix pour Kirk Douglas pourrait paraître étonnant, voire risqué, puisque c'était le premier film du français comme réalisateur. Il résume assez bien comment Kirk Douglas a géré sa carrière, c'est à dire libre des conventions hollywoodiennes.

Pour clôturer ce voyage dans la filmographie de Kirk Douglas, notons qu’un seul film, en 2003, réunit la famille Douglas sur trois générations (Kirk, Michael et Cameron), ainsi que la première épouse de Kirk, Diana Hill – qui est également la mère de Michael - : « Une si belle famille » (It runs in the family) .

►►► Kirk Douglas a 100 ans - Le 07h43

►►► Joyeux siècle à Kirk Douglas ! par Frédéric Beigbeder

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