Il y a un off à Cannes comme dans tous les festivals. Dans ce off, il y a la sélection de l'Acid, programmé par des cinéastes indépendants pour défendre des premiers films. Cette année il faut surveiller les facéties de Philippe Katerine, l'originalité de Nathan Nicholovitch et la justesse de Patrick Wang.

Ces films ce sont des ovnis, qui osent faire du cinéma comme on n'en fait pas d'habitude. Ce sont des films à très petits budgets.

Les facéties de Benoît Forgeard et Philippe Katerine

Ceux-là font exception avec l'esprit de l'Acid, car ils ne sont pas débutants, et leur film, Gaz de France , avait trouvé distributeur avant l'ouverture des festivités cannoises. Ceci étant il a le statut d'ovni, voulant traitant de la politique par le ridicule et l'absurde. Un cinéma incontrôlable comme le personnage de Bird, incarné par Philippe Katerine. Il campe un président de la République qui attaque les banques, et complètement à rebours de la réalité et avec tout l'humour fantasque dont il est capable.

La justesse de Patrick Wang

De cet américain à l'air décontracté, on connaît déjà In the Family , histoire de famille homoparentale balayée par un deuil. Ce film, l'Acid ne l'avait pas programmé l'an dernier, et pourtant, sorti en France il y a quelques mois, il s'est fait drôlement remarqué. A Cannes ces jours-ci, Patrick Wang a eu les honneurs de l'Acid, avec The Griefs of others. Une nouvelle fois c'est la cellule familiale qu'il observe. Une famille recomposée en l'occurence, face au deuil d'un bébé mort né. Un film impeccable, tourné en deux semaines, avec des actrices, mère, fille et fillette excellentes, de l'humour et des jeux d'images ou de surimpression__ qui rendent le film encore plus intimiste et touchant.

L'audace de Nathan Nicholovitch, dans De l'ombre il y a

C'est l'un des extraits que nous vous proposons de découvrir ici. En rencontrant une enfant prostituée à Phnom Penh, un travesti va devoir jouer un rôle paternel auquel il ne s'attendait pas.

Permettre aux films de trouver des distributeurs

Comme l'an dernier, l'Acid a programmé six films français sur neuf et a réussi a trouvé des distributeurs pour presque tous. En invitant les exploitants de salle à voir les films, l'Acid défend les films pour leurs qualités propres et non pour leur potentiel en nombre d'entrées.

Parmi les auteurs révélés par l’ACID à Cannes : Mathieu Amalric qui a montré son tout premier film, Lucas Belvaux, Claire Simon, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Hicham Lasri, Ursula Meier, Yolande Moreau et Gilles Porte, et bien d'autres.

Chaque soir nous montrons nos films à 300 exploitants venus de partout, nous faisons le lien entre leur envie de montrer les films et les distributeurs, explique Fabienne Hanclot, déléguée générale de l'Acid. Ensuite toute l'année nous faisons le tour de France avec les réalisateurs pour qu'ils présentent leurs films dans les salles et les festivals. C'est un travail de longue haleine mais payant. L'Acid est né d'un manifeste de 200 réalisateurs signé en 91, Résister, après la déprogrammation intempestive d'un film. Ce travail de rapprochement des films et du public a pris forme.

Les projections, en présence des cinéastes de l’ACID et des équipes des films, sont également ouvertes au grand public et aux lycéens de la région PACA.

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