On laisse à d'autres le soin des hommages et des nécros. Mais en apprenant la mort de Robert Lamoureux, on peut légitimement se souvenir d'une belle chose, d'un beau film en fait : L'Apprenti salaud de Michel Deville. Il y tenait le rôle principal, celui d'un formidable escroc qui parvenait à embobiner un village tout entier. Deville avait trouvé en Lamoureux l'acteur idéal pour incarner un Arsène Lupin bis, virevoltante fripouille flanquée d'une ravissante assistante. Face à Claude Piéplu, entre autres, Lamoureux insufflait au film une incroyable énergie, modulant ses entourloupes avec sa fausse voix de crécelle mitraillante. C'est un de ces films qui donne le goût de rire et de s'amuser. Il y rêgne un doux parfum d'amoralisme qui ne se prend jamais au sérieux. Il me semble que tout Lamoureux est contenu dans ce personnage. Cette symbiose parfaite est plus rare qu'on ne croit. C'est pourquoi se souvenir de Robert Lamoureux, c'est d'abord se souvenir de ce film méconnu. On se plaît à croire qu'il a fait aujourd'hui son entrée éternelle dans la chambre verte du cinéma sous les traits de ce définitivement sympathique apprenti salaud.

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