Pour son grand retour au cinéma, Emmanuelle Béart incarne Margaux, une femme veuve qui entend commencer une nouvelle vie, reprendre ses études de littérature, et partir à la quête de l'amour, souhaitant redécouvrir aussi le goût de la sexualité. Les critiques saluent la prestation prodigieuse de la comédienne.

La comédienne Emmanuelle Béart à l'affiche du premier film de Ludovic Bergery "L'Étreinte"
La comédienne Emmanuelle Béart à l'affiche du premier film de Ludovic Bergery "L'Étreinte" © Moby Dick Films

Le film présenté par Jérôme Garcin

Le premier film, comme réalisateur, de l'acteur Ludovic Bergery qui signe le retour à l'écran d'Emmanuelle Béart, qu'on voyait davantage ces temps derniers sur les scènes de théâtre. Emmanuelle Béart, c'est Margaux qui vient de perdre son mari et qui se donne pour objectif de réapprendre à vivre : elle quitte Nice et déménage près de Versailles, à Neauphle-le-Château, sanctuaire Durassien s'il en fut. Elle s'inscrit à la fac en littérature allemande, où les étudiants la renvoient brutalement à son âge et où elle se fait un ami, Aurélien, un homosexuel joué par Vincent Dedienne. Elle cherche, sur des sites de rencontre, avec plus ou moins de bonheur, celui qui pourrait lui rendre le goût de la sexualité qu'elle croit avoir perdue et qu'elle retrouve avec des maladresses parfois qui peuvent faire penser à celle d'une adolescente un peu encombrée de son son corps changeant. 

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Charlotte Lipinska émue par le retour au cinéma d'Emmanuelle Béart, comme de son talent

CL "Moi, ça m'émeut beaucoup de retrouver la grâce d'Emmanuelle Béart. Évidemment, on pense au film de Claude Sautet. 

C'est une actrice qui m'émeut beaucoup et qui nous a manqué au cinéma. Ici, le rôle semble tellement écrit pour elle ! Et elle donne beaucoup dans la renaissance de cette femme veuve, sa renaissance à la vie, son réapprentissage du rapport amoureux ou de la sexualité. 

Il y a une sorte de renouveau qui colle très, très bien avec le parcours d'Emmanuelle Béart.

Une actrice éminente dans le paysage du cinéma français aujourd'hui. Effectivement, elle avait un petit peu disparu des radars au cinéma et, là, on la retrouve, on la redécouvre ! 

Le film est plein de sensibilité, de délicatesse. Il mise beaucoup sur les silences qui sont tout à fait maîtrisés.

Ce qui est assez beau dans le parcours de ce personnage Margaux, c'est que, finalement, il n'y a aucun autre obstacle qu'elle-même à ce renouveau. Il y a beaucoup de bienveillance et de délicatesse autour d'elle. Les copains qu'elle se fait à la fac, elle pourrait être leur mère, mais ils ne se foutent pas d'elle, ils l'accueillent dans les groupes de travail, ils l'invitent à sortir faire la fête. Ils sont très accueillants avec elle et, finalement, ça n'est qu'elle qui se restreint l'horizon possible. 

Après, effectivement, il y a quand même quelques petites maladresses. J'achète beaucoup moins le dernier quart d'heure où il y a un peu une péripétie de scénario qui, à mon sens, n'avait vraiment pas besoin d'être là pour expliquer le parcours de cette femme. 

Hormis cette fin que je ne trouve pas du tout à la hauteur du début, c'est un film très émouvant et assez délicat.

Il y a beaucoup de zones d'ombre et de mystères sur son personnage qui sont fascinantes".

Eric Neuhoff salue une Emmanuelle Béart prodigieuse. Rien que pour elle, il faut aller voir le film !

EN  "Ce n'est pas très original sur le deuil et la reconstruction, mais c'est complètement décent. Et, surtout, c'est étonnant de voir ce sujet adopté pour un premier film par un jeune cinéaste. 

Toute cette errance dans cette banlieue des Yvelines est assez touchante, mais le film vaut surtout parce que c'est un reportage, un documentaire sur Emmanuelle Béart, qui se révèle prodigieuse tout d'un coup ! 

Moi, je n'ai jamais été emballé par cette actrice, mais, là, elle pourrait jouer chez John Cassavetes, tenir la dragée haute à Gena Rowlands. 

Elle ose tout, elle se laisse filmer, même de façon ingrate, en gros plan. C'est vraiment un portrait de femme, un portrait d'actrice ! 

Tout le reste est quand même un petit peu appliqué, dont le jeune copain homosexuel, les sorties en boîte, les rencontres sur Internet… Le film patine un peu et devient vaguement complaisant tout en tournant un peu en rond". 

Mais Emmanuelle Béart, là, vraiment, cette Margaux, c'est un grand cru pour elle.

Xavier Leherpeur salue la composition psychologique des personnages et la prestation d'Emmanuel Béart

XL : "Presque l'unanimité à cette tribune ! On est tous d'accord sur les 20 dernières minutes de cette péripétie mais, pour un premier film, je sens ce que le réalisateur avait envie de faire. 

Voyez ici Emmanuelle Béart comme on ne l'avait pas si souvent vue, en plans serrés.

Ce n'est pas simplement le fait que le visage ait un peu vieilli, c'est que, subitement, ça entrave son jeu : elle joue juste avec le visage, avec l'expression, avec le silence, elle intériorise le jeu ! Ce sont des personnages qui sont encombrés. Il y a toujours quelque chose qui encombre cette femme et qui l'empêche d'avancer. 

J'aime bien cette idée de personnages qui s'encombrent d'eux-mêmes, qui sont leurs propres ennemis pour avancer.

Je trouve que la mise en scène, vraiment, va avec elle. Le film se pose les bonnes questions : de cadres, de montage, de sensualité, de temporalité !

Tout n'est pas parfait, mais, au moins, il y a la question de la mise en scène qui est posée et le metteur en scène, vraiment, essaie de trouver, de fournir une réponse que je trouve extrêmement pertinente et belle".

Le film

🎧  Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

6 min

"L'Etreinte" de Ludovic Bergery

Par Jérôme Garcin

► Retrouvez les critiques du Masque et la Plume, réunis autour de Jérôme Garcin, pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

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