de Pierre Schoeller

avec Olivier Gourmet , Michel Blanc , Zabou Breitman , Laurent Stocker (de la Comédie Française) et Didier Bezace

Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’État dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique…Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. À quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils ?... L’État dévore ceux qui le servent.

Avant-premières

Mardi 18 octobre : Ludres ( Nancy) UGC Ciné Cité à 20hJeudi 20 octobre : Lille Métropole à 19hVendredi 21 octobre : Caen Lux à 21hLundi 24 octobre : Rouen UGC Ciné Cité à 20hMardi 25 octobre : Toulouse Gaumont Wilson à 20h> Gagnez des places pour l'une de ces avant-premières

Le réalisateur

Scénariste, Pierre Schoeller a collaboré à la fois à la télévision et au cinéma. Tenté par la réalisation, il se lance en 2003 et signe Zéro défaut . En 2008, il écrit et réalise Versailles , présenté en sélection officielle d'Un Certain Regard au Festival de Cannes. Deux ans plus tard, on le retrouve en compétition à Cannes dans la même catégorie avec L' Exercice de l'État. "La genèse du projet remonte à 8 ans, avant Versailles. D’emblée, je voulais mettre de côté la conquête du pouvoir et les questions de politique partisane, le bal des égos, les luttes intestines, les petites phrases… pour me concentrer sur la pratique du pouvoir, l’État, à travers ceux qui l’incarnent et s’y vouent. Cette puissance du cabinet est d’abord une puissance de travail. L’enquête m’a confirmé leur côté "athlètes des dossiers" qui bossent sous une pression constante. Tout est affaire de vitesse. À aucun prix, il ne faut ralentir le ministre, mais au contraire toujours le porter et l’encourager. Le nourrir de positivité. Les collaborateurs les plus proches font un gros travail de training positif, surtout quand le patron prend un coup : "Vous avez été formidable", "C’est exactement ce qu’il fallait dire"… Cela participe de la déréalisation qui entoure les hauts responsables. "

Pierre Schoeller sur le plateau
Pierre Schoeller sur le plateau © Radio France

Les comédiens

Michel Blanc est Gilles, le directeur de cabinet du ministre.

Michel Blanc
Michel Blanc © Radio France / Diaphana

Pierre Schoeller : "D’abord j’écris et ensuite je vais aux comédiens . Pour la distribution, on a beaucoup cherché. Un casting est fait de rencontres. Michel Blanc par exemple... Un directeur de cabinet, c’est un rôle qu’il voulait jouer depuis longtemps. Ce qui l’intéressait dans le personnage, c’était sa sérénité, sa stabilité. Gilles incarne la permanence, l’autorité mais aussi les racines. Les murs et les fondations. Ce qui reste de l’État, et restera. Il est à la fois mentor, conseiller et éminence grise. Le dircab forme un couple avec le ministre. Ce sont deux personnages complémentaires. L’un fait l’autre, et réciproquement. Ils sont les deux faces d’une même pensée. "

Michel Blanc : "Le personnage de Gilles était nouveau pour moi, mais c’est quelque chose que j’attendais depuis très longtemps. Dans la comédie ou le drame, j’ai joué des personnages fragiles, instables, voire déséquilibrés. Jouer un directeur de cabinet, un personnage de poids, droit dans ses bottes, qui sait ce qu’il veut, qui sait où il va, qui a de fortes convictions, ça c’est un rôle dont je rêvais. Je m’ennuie si je joue toujours la même chose. Jusqu’ici j’ai essayé de ne pas me répéter, même si parfois on n’échappe pas à certaines choses. J’ai quand même dit à Pierre que c’était de sa responsabilité de croire que je pouvais y arriver. "

Olivier Gourmet est Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports.

Olivier Gourmet
Olivier Gourmet © Radio France / Diaphana

Pierre Schoeller : "Au scénario, le rôle était immense, et il me fallait un acteur d’exception, dans son engagement, dans sa palette émotionnelle et la simplicité humaine. Et que tout cela passe d’abord par l’incarnation, le corps. Filmer la politique, mais à condition de le faire sur les humeurs. Ce ministre, je voulais qu’il ait une implication viscérale, un ressenti. Montrer ses nausées, ses ivresses, ses coups de colère comme ses accès de tendresse. [...] Et pour jouer tout cela, Olivier Gourmet est le comédien parfait. Olivier rend humain un homme sous pression, presque halluciné, qui doit survivre, affronter la presse, être ferme et cruel, car il y a le combat, les duels, des coups de griffe, des humiliations, bref la vie ordinaire de la Vème... J’ai dit à Olivier : "Il faut que tu sois Marlon Brando". Et il m’a répondu avec un rire : "D’accord mais j’ai besoin de toi !".

Pour préparer son rôle, Olivier Gourmet a cotoyé un ministre en exercice :"j’ai demandé s’il était possible d’entrer dans le Saint des Saints et j’ai pu partager brièvement le quotidien d’un ministre en exercice. J’ai eu la possibilité de suivre Frédéric Mitterrand toute une journée. C’est toujours riche pour un acteur de sentir, d’observer et d’absorber comme une éponge. J’aime me tremper dans le jus, sans forcément poser 45 000 questions… Au Conservatoire en Belgique, on nous envoyait une journée entière observer quelqu’un avant de revenir le "rendre" sur le plateau. Je ne le fais pas pour tous les personnages que j’interprète mais dans le cas de Saint-Jean, ça me semblait nécessaire pour être crédible. "

Dans une bonne partie du film, le ministre est en voiture, ce qui n'a pas facilité le jeu d'Olivier Gourmet : "C’est très compliqué, je n’aime pas du tout la voiture. On est confiné dans un espace restreint, le cadre est très précis et contraignant. Et, moi qui suis assez grand, je devais presque plier la tête. C’est diffi cile d’être naturel dans ces conditions, on n’est pas libre de ses mouvements et c’est très peu amusant. Je pense que Pierre écrira moins de scènes de voitures dans son prochain fi lm ! Mais là, c’était inévitable. "

Zabou Breitman est Pauline, la conseillère en communication.

Zabou Breitman
Zabou Breitman © Radio France / Diaphana

Pierre Schoeller : " Zabou fut une alliée précieuse. Le scénarioétait dense, beaucoup de personnages, des scènes de groupe, une vitesse de récit, un flux de dialogues ponctué de moments davantage portés sur le spectaculaire. Il fallait vraiment une comédienne qui ait un sens aigu de la mise en scène pour se glisser dans la peau de Pauline. Zabou, avec beaucoup de finesse et d’humour, a su porter ce regard lucide, chirurgical sur le ministre. Elle est la seule à dire la vérité à cet homme, sa faille. D’ailleurs elle manque d’y laisser son poste…Avec Zabou, on a beaucoup travaillé en lisant le scénario. Elle a rendu vivant certains moments trop techniques, grâce à des purestrouvailles comme par exemple le détail des bas qu’elle change dans la voiture. "

L'exercice de l'état
L'exercice de l'état © Radio France / Diaphana
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