L'oeuvre du réalisateur de "Will Hunting", "Elephant", "Gerry", ou encore "Last Days" exposée à la Cinémathèque française du 13 avril au 31 juillet 2016.

L'exposition Gus Van Sant à laCinémathèque française propose des Masterclass, des visites guidées, une rétrospective intégrale, des conférences, un catalogue...

Gus Van Sant
Gus Van Sant © Cinémathèque Française

Conçue par La Cinémathèque française , en coproduction avec le Museo Nazionale del Cinema à Turin, le Musée de l’Elysée et la Cinémathèque suisse à Lausanne, elle explore l'univers de ce réalisateur culte, emblème d'un cinéma anticonformiste, radical et osé, à travers une déambulation autour de ses films, de ses œuvres plastiques (photographiques, picturales, musicales inédites en France) et de ses collaborations avec William Burroughs, William Eggleston, Bruce Weber, David Bowie .

Aquarelle sur papier 2000/2010
Aquarelle sur papier 2000/2010 © Gus Van Sant

Je bascule de plus en plus vers l’art des peintres, qui donnent de l’émotion à partir d’un paysage ou d’un visage réels.

Gus Van Sant , 2007

Quelques films

  • My Own Private Idaho

Gus Van Sant D'aprèsHenry IV de William Shakespeare. Avec River Phoenix, Keanu Reeves, James Russo. Scott et Mike sont deux jeunes hommes, prostitués. Mike est traqué par ses souvenirs, sombre dans des crises de narcolepsie. Commence alors pour les deux amis une grande quête qui va les mener de l'Idaho en Italie.

My Own private Idaho
My Own private Idaho © Gus Van Sant
  • Elephant

Gus Van Sant Avec Alex Frost, Eric Deulen, John Robinson, Elias McConnell. Au cours d'une journée dans un lycée américain typique, plusieurs jeunes vaquent à leurs occupations habituelles tandis que deux élèves préparent un drame.

Elephant
Elephant © Gus Van Sant
  • Paranoid Park

Gus Van Sant Avec Gabe Nevins, Daniel Liu, Jake Miller. Alex, jeune skateur, tue accidentellement un agent de sécurité tout près du skatepark le plus malfamé de Portland, le Paranoïd Park. Il décide de ne rien dire.

Paranoid Park
Paranoid Park © Gus Van Sant
  • Promised Land

Gus Van Sant Avec Matt Damon, John Krasinski, Frances McDormand. Steve Butler et sa collègue Sue Thomason, employés de la compagnie pétrolière Global, arrivent à McKinley, une bourgade de campagne de Pennsylvanie, avec pour but de racheter les terres des paysans.

Promised Land
Promised Land © Gus Van Sant
  • Restless

Gus Van Sant AvecHenry Hopper, Mia Wasikowska, Ryo Kase. La rencontre et la relation exceptionnelle entre Annabel, en phase terminale d'un cancer, animée d'un amour profond de la vie et de la nature, et d'Enoch qui a cessé d'avoir envie de faire partie du monde.

Restless
Restless © Gus Van Sant

Gus Van Sant / Icônes

" Le cinéma de Gus Van Sant est la plaque sensible de ce temps de l'Histoire américaine postmoderne (post-Pop, post-Nouvel Hollywood, post-militantisme). Tête de proue du renouveau du cinéma outre-atlantique dit indépendant, que le public français découvre en 1989 avec la sortie en salles de Drugstore Cowboy, il est l'instigateur et le défenseur, en secret, en douceur, d'une liberté artistique qui irradie depuis les marges. Sans étendard et sans manifeste.

Pris un à un, indépendamment, les films de Gus Van Sant suscitent l'étonnement. Leurs structures narratives complexes (en forme de mosaïques ou de collages), de même que leurs changements de tonalité, déroutent le spectateur : un cinéma dissonant où la mélancolie et l'humour ne sont jamais pensés en opposition.

Pris ensemble comme un tout, ses seize longs métrages, de par leur extrême diversité, créent une profonde sidération. Comme si, film après film, Van Sant réinventait sans cesse tout son cinéma. On se demande alors si c'est le même metteur en scène qui a arrêté le temps du massacre d'Elephant (inspiré de Columbine) et accéléré la vie du militant gay Harvey Milk . Si c'est le même metteur en scène qui a filmé la jeunesse avec gravité (Elephant, Paranoid Park ) et les Pères de la Beat Generation comme des enfants terribles.

Fils assumé de ce mouvement poétique contestataire, Van Sant en a gardé le goût d'un anticonformisme esthétique, où se mêlent des revendications politiques, sexuelles et spirituelles. Ainsi, William Burroughs interprète-t-il dans Drugstore Cowboy un prêtre toxicomane, dont les répliques ont été écrites par ses soins. Ses écrits poétiques ont été aussi la source d'inspiration de deux courts métrages réalisés par Van Sant , dont The Discipline of DE en 1977. Quelques années plus tard, le cinéaste réitérera l'exercice avec Ballad of the Skeletons , film-collage dans la tradition de l'art vidéo, dans lequel Allen Ginsberg , l'autre héraut de ce mouvement, lit son poème éponyme, pamphlet sans fin contre les vanités de la société contemporaine.

Il y a chez Van Sant un besoin d'images pour se raconter ou tout simplement pour être. Comme si chaque film était une réconciliation profonde avec lui-même et le rêveur qu'il est. Chez lui, le réel, fait de clairs-obscurs, d'ellipses et de décrochages poétiques, flirte irrémédiablement avec le fantastique et le funeste. Un au-delà païen. Chez Gus Van Sant , la mort déferle toujours. D'un côté, ceux qui partent ; de l'autre, ceux qui restent et résistent. Gus Van Sant est de ceux-là : un artiste qui renaît chaque fois et incarne la part la plus humaine du cinéma américain. "

Matthieu Orléan auteur de Gus Van Sant / Icônes , éd. La Cinémathèque française / Actes Sud

Filmographie

  • Réalisateur

1985 : Mala Noche 1989 : Drugstore Cowboy 1991 : My Own Private Idaho 1993 : Even Cowgirls Get the Blues 1995 : Prête à tout (To Die For) 1997 : Will Hunting (Good Will Hunting) 1998 : Psycho 2000 : À la rencontre de Forrester (Finding Forrester) 2002 : Gerry 2003 : Elephant 2005 : Last Days 2007 : Paranoid Park 2008 : Harvey Milk 2011 : Restless 2013 : Promised Land 2015 : Sea of Trees

  • Télévision

2011 : Boss (série)

  • Producteur

1994 : Kids de Larry Clark 1999 : Speedway Junky de Nickolas Perry 2010 : Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman 2012 : Revolution de Rob Stewart

Gus Van Sant et les acteurs de My own private Idaho
Gus Van Sant et les acteurs de My own private Idaho © Bruce Weber
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