Trois jours et le Festival de Cannes ouvrira ses portes, son grand escalier rouge, sa foire aux vanités, ses sélections alléchantes, son jingle assommant piqué au « Carnaval des animaux », sa pluie annoncée, ses additions hallucinantes, j’en passe et des plus rugueux. Comme l’an dernier, je vous donne rendez-vous ici même chaque jour et je fais le pari de « poster » le plus souvent possible, idéalement en sortant de chaque projection, histoire de tenir cette chronique « à chaud », au risque de regretter quelques heures après d’avoir écrit des idioties. L’an dernier, elle s’appelait « J’me la pète sur la Croisette ». Cette année ce serait plutôt « J’en fais tout un festival ». On verra bien !Enfin, façon de parler. Parce que côté « bien voir », ce n’est pas encore ça. Mon œil droit fait toujours la sieste. Résultat immédiat en forme de vétille, il faut bien l’avouer : je ne vous dirai rien sur le film d’ouverture « Là-haut » pour la bonne et simple raison qu’il sera projeté à Cannes en 3D, autrement dit dans un format interdit à ceux qui, à leur œil défendant, tentent de singer le capitaine Crochet pour ce qui est du port du bandeau noir.Rassurez-vous (?), comme c’est l’unique film en 3D de ce Festival 2009. les autres me seront accessibles ! La présidente Huppert est partout, je veux dire dans toute la presse ou presque. Pour dire quoi ? Son amour du cinéma, sa soif de voir des films, sa crainte de ne pouvoir les départager. Bref, l’actrice nous la joue modeste, concentrée, effacée. Je parie qu’elle sera au contraire une présidente plus qu’active aux choix bien tranchés, ce qui serait une bonne perspective. On rêve d’une vraie Palme de cinéma, ambitieuse, dérangeante et pourquoi pas agaçante. On rêve de l’anti « Entre les murs », par conséquent. On rêve qu’il ne s’agisse pas cette fois d’un film « amazing, amazing, amazing » !Dernière petite remarque du jour. On a appris que le jury comptait désormais un nouveau membre en la personne de Shamilla Tagore, une actrice indienne venue tout droit de Bollywood. Qu’il soit permis de trouver étonnant que le cinéma indien soit sollicité pour donner au jury un peu plus d’allure encore, alors qu’on ne lui offre aucune possibilité de montrer ses films dans aucune des sélections. Faut-il rappeler que l’industrie cinématographique indienne est la première du monde ? Faut-il rappeler que ce cinéma ne se résume pas à Bollywood ? On aimerait voir de l’Inde autre chose que les visions anglaise ou américaine de « Slumdog millionnaire » ou « Darjeling limited », à Cannes et ailleurs soit dit en passant. Mais à Cannes surtout, puisque c’est par excellence le lieu où l’on peut voir ce que l’on ne voit pas partout et toujours. Loin de moi l’idée de penser qu’il y aurait disons 40 films indiens à voir, mais zéro tout de même…La phrase du jour ? « Il faut que tout change pour que rien ne change ».Le prince Salina, alias Burt Lancaster, dans « Le Guépard » de Luchino Visconti

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