Petit tour dans la liste des musiques et chansons fétiches de quelques films français, car cinéma et musique forment vraiment un si beau couple ! Sur France Inter, avec "Ciné qui chante", traversez un été cinéphile, juste pour le plaisir de découvrir ou de réécouter les chansons qui ont marqué le grand écran.

Le cinéma et la musique forment un si beau couple !
Le cinéma et la musique forment un si beau couple ! © Getty / Fabio Pagani / EyeEm

Les chansons et les musiques de films peuvent nous accompagner toute notre existence : les chansons que l’on connaît in extenso, les mélodies entêtantes, fredonnées à l'envi, et puis ces airs qui nous échappent encore et toujours, comme de jolis ballons colorés qui s’envolent dans le ciel étoilé du grand écran.

Début juillet, Bertrand Tavernier, invité de l’émission Ciné qui chante, répondait à Laurent Delmas à propos des musiques de films : 

Les compositeurs sont parmi les héros les plus méconnus du cinéma français.

Alors soit ! Rendons hommage aux compositeurs, aux auteurs et aux paroliers et revisitons quelques décennies du cinéma français !

Les années trente

En 1938, Pierre Caron réalise La Route enchantée, un film qui fait place belle à Charles Trenet qui, non seulement joue le premier rôle, fantaisiste à souhait, mais signe également le scénario, les dialogues, la musique et les chansons originales ! 

Régalons-nous avec le fou chantant et ce titre, Il pleut dans ma chambre qui, nous ne le savions peut-être pas, était dans ce film musical des années trente !

Au cours de cette fertile année 1938, Charles Trenet tourne en vedette dans un autre film, Je chante, réalisé par Christian Stengel. Le fou chantant porte bien son nom puisqu'il y interprète plusieurs chansons : Je chante, Ah ! Dis, ah ! Dis, ah ! Bonjour, La Vie qui va, Quand j'étais p'tit… Je vous aimais et Les Oiseaux de Paris.

Les années quarante 

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale et malgré les restrictions terribles, Marcel Carné réalise Les Visiteurs du Soir. Jacques Prévert signe le scénario et les dialogues et pose des mots empreints d’une poésie sublime sur des mélodies signées Maurice Thiriet et Joseph Kosma. 

Souvenez-vous, l’une des chansons s’intitule Démons et Merveilles, qu’interprète un certain Alain Cuny au regard magnétique, dans ce chef-d’œuvre du cinéma français :

Détrompez-vous, la belle voix de baryton Martin que vous entendez n'est pas celle d'Alain Cuny, il s'agit de la voix de Jacques Jansen. Ce chanteur lyrique fut célèbre pour avoir, pendant quarante ans, incarné Pelléas dans l'Opéra de Claude Debussy, Pelléas et Mélisande, sur toutes les scènes du monde.

Les années cinquante

En 1959, François Truffaut tourne Les 400 Coups avec le personnage d’Antoine Doisnel incarné par un Jean-Pierre Léaud à peine sorti de l’enfance. Le génial compositeur, Jean Constantin, signe et dirige la musique et les paroles des chansons de ce film emblématique de la Nouvelle Vague.

Réécoutons Jean Constantin dans Comment voulez-vous ? , la chanson posée sur la musique du générique de ce film culte.

Né en 1923, Jean Constantin a appris le piano… tout seul. Il a non seulement signé de nombreuses musiques de fims mais aussi des chansons célèbres, comme Mon Manège à moi, interprétée par Édith Piaf.

Les années soixante

1969, dans le profond remous d’après mai 68, Nelly Kaplan réalise son premier long-métrage, La Fiancée du Pirate, dans lequel Bernadette Lafont, exubérante de vitalité, campe une sorcière des temps modernes. 

Cette année-là, si Georges Moustaki chante Le Métèque, il signe aussi la musique et la chanson de ce film libertaire, et c’est sa Grande Dame brune, Barbara, qui interprètera Je me balance, avec une évidente jubilation :

En 2013, lors de l'hommage à Bernadette Lafont à la Cinémathèque française à Paris, le film est projeté en présence de Nelly Kaplan, de son compagnon, Claude Makovski, producteur du film, et du comédien, Jacques Masson, qui incarne le boy-scout, Hyppolite. 

Lors du débat, Nelly Kaplan précise que Moustaki a écrit, en quelques heures seulement, cette chanson qui est devenue aujourd'hui un grand classique de l'œuvre de Barbara.

Les années soixante-dix

En 1977, Bertrand Tavernier tourne Des Enfants Gâtés, film à la brillante distribution, dont Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. Jean-Roger Caussimon est sollicité par le réalisateur pour écrire une ode au Paris populaire et Philippe Sarde compose la musique digne d'un bal musette. 

Ce sont les deux acteurs cités plus haut qui interprètent ce titre, Paris Jadis, véritable petit bijou à redécouvrir : 

Une seule prise est nécessaire pour l'enregistrement de cette chanson en duo. Total respect, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle ! Pour réécouter l'émission Ciné qui chante avec Bertrand Tavernier, c'est ici !

Les années quatre-vingt

En 1984, pour le quatrième volet de sa série Comédies et Proverbes, Éric Rohmer réalise Les Nuits de la Pleine Lune, avec un trio d'acteurs éblouissants : Tcheky Karyo, Pascale Ogier et Fabrice Luchini. 

Pour illustrer cette comédie douce-amère sur la liberté dans le couple, le duo Elli et Jacno, groupe pop français, très actif pendant ces années-là, compose la chanson éponyme :

Ce film sorti dans les salles fin août 1984, sera l'une des dernières apparitions à l’écran de la bouleversante Pascale Ogier. Le 25 octobre 1984, deux mois  après la sortie de ce film qui lui vaudra le Grand Prix d’interprétation féminine au Festival de Venise et de multiples projets, l'actrice de 26 ans meurt brutalement d'une crise cardiaque.

Les années quatre-vingt-dix

En 1994, Alain Berbérian, déjà réalisateur des clips de fausses pub et des parodies de bandes-annonces des Nuls sur Canal + pendant les deux saisons de la série (1991-1992), accepte de faire un film sur le scénario du trio comique, La Cité de la Peur, une comédie familiale. Le film rencontre un immense succès, et au fil du temps, des répliques sont devenues cultes. Cette année 2019, pour son 25e anniversaire, le film ressort en salle. 

La Carioca, chantée et dansée par Alain Chabat et Gérard Darmon, donne un aperçu de la dimension comique du film :

Tout récemment, lors du dernier Festival de Cannes où le film était projeté, un flashmob a eu lieu et une pétition a circulé pour que Gérard Darmon et Alain Chabat la reprennent à nouveau, ce qui a donné l'occasion de constater que les deux acteurs sont vraiment en pleine forme, 25 ans après !

Les années deux mille

Blason des années 2000, Holy Motors, le cinquième long-métrage de Leos Carax nous offre généreusement des visions somptueuses, sensuelles, étranges et parfois drôles. Denis Lavant, acteur fétiche de Leos Carax, incarne un personnage multiforme et inquiétant : Monsieur Oscar.

Dans ce film, la voix de Gérard Manset dans le titre Revivre, crée un moment de pure grâce :

Denis Lavant ironise a posteriori

Si Denis avait refusé le film, j'aurais proposé le rôle à Lon Chaney, ou à Charlie Chaplin. Ou à Peter Lorre, ou Michel Simon.

Leos Carax a parfaitement raison, le cinéma est éternel, comme la musique.

"Ciné qui chante", l'émission de Laurent Delmas

Tout cet été 2019, du lundi au vendredi de 10 à 11h, et pour votre plus grand bonheur, offrez-vous une balade enchantée au pays du cinéma : extraits de film, chansons et archives seront au rendez-vous, présentés et racontés par Laurent Delmas avec, chaque jour, un invité (actrice, acteur, cinéaste, chanteuse ou chanteur) qui vous proposera sa programmation de chansons sur grand écran.

Pour retrouver l'émission, Ciné qui chante, abonnez-vous au podcast !

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