C'est le sixième film comme réalisatrice de l’actrice Isild Le Besco... Et il fait débat chez les critiques du "Masque et la Plume" : "brouillon", "cohérent", étonnant…

Isild Le Besco dans son film "La Belle Occasion"
Isild Le Besco dans son film "La Belle Occasion" © JHR Films

Le film se déroule dans le monde des forains : Sarena (Isild Le Besco) vend des barbes à papa, il y a aussi son frère Ravi, à qui elle est liée de manière fusionnelle ; le père est un vieux russe malade qui ne quitte pas son matelas. Un jour le frère et la soeur rencontrent Mathilde qui leur ouvre grand sa maison.

La critique d'Eric Neuhoff : "le substrat de tout ce que le cinéma français a de plus détestable"

Pour paraphraser Billy Wilder quand il parlait de l’opéra : « Au bout de 2h30, j’ai regardé ma montre et il s’était écoulé 20 mn ! »

C’est tout ce que je déteste, tout ce qu’il ne faut pas faire et tout ce qu’on ne voudrait plus voir sur grand écran.

Je croyais que c’était un premier film mal fichu, brouillon, refusé par la FEMIS mais je me suis aperçu que c’était son 4e ou 6e film… C'est épouvantable ; ils jouent mal ; ce n’est pas intéressant ; même la barbe à papa n’a l’air d’avoir aucun goût ; cette histoire de famille est abracadabrante… C'est mal filmé, mal joué, prétentieux… Et à la fin, gravé dans le marbre, des phrases sur l’avenir de la femme, le statut féminin : de la philosophie de comptoir / fête foraine de région.

C’est vraiment le substrat de tout ce que le cinéma français a de plus détestable !

La critique de Xavier Leherpeur : "Un film très rassurant sur la capacité du cinéma français à ne pas s’encroûter dans des films poussiéreux fait pour un grand public"

Il y a un vrai point de vue, une vraie histoire.

La manière dont elle va aller chercher dans les contes de fées (avec l’ogre représenté par le père, la belle endormie qui représente la princesse…)

Paul Bartel (II) et Yara Pilartz dans "La Belle Occasion" d'Isild Le Besco
Paul Bartel (II) et Yara Pilartz dans "La Belle Occasion" d'Isild Le Besco © JHR Films

Il y a un sens de la mise en scène, du cadrage, du montage, qui est complètement cohérent avec ce qu’elle veut raconter.

C'est un film sur la sexualité féminine, sur la psyché, sur le trouble… Il y a quelque chose d’épidermique.

Le film m’a emporté.

La critique de Danièle Heymann : "pas très intéressée par ce qu’elle raconte mais par la façon dont elle le raconte"

Jamais je n’aurais imaginé qu’on puisse trouver de la sensualité à la fabrication de la barbe-à-papa et elle y arrive.

J’aime sa distance avec les choses, j’aime sa façon d’aborder le désir dans toutes ses formes d’une façon solaire et libre.

Isild Le Besco et Yara Pilartz dans "La Belle Occasion"
Isild Le Besco et Yara Pilartz dans "La Belle Occasion" © JHR Films

J’aime la regarder faire, et j’aime le parcours de cette fille, sa précocité, la diversité de ses choix.

L’hisotire franchement je la trouve banale et finalement peu intéressante mais fasciné par ce petit personnage pâle et beau

Image extraite de "La Belle Occasion"
Image extraite de "La Belle Occasion" © JHR Films

La critique de Michel Ciment : "Un film un peu anachronique"

Isild Le Besco continue dans un voie très marginale, un peu underground.

il y a une vraie sensualité, beaucoup de moments extrêment sensibles… mais en même temps, il y a tout de même un côté art brut, où le film est un peu non structuré, avec ce personnage assez abominable du père qui grogne, éructe, râle…

J’ai l’impression d’une involution. Il y a des cinéastes qui commencent dans une sorte de côté très sauvage et qui peu à peu maîtrisent de plus en plus leur cinéma mais là j’ai l'impression d’une involution. Ce n’est pas assez travaillé pour être accompli.

Isild Le Besco
Isild Le Besco © JHR Films

Aller plus loin

ECOUTEZ Le Masque et la Plume : les autres films passés sous le crible des critiques étaient : « Lettres de la guerre » d'Ivo M. Ferreira, « Je danserai si je veux » de Maysaloun Hamoud, « Les mauvaises herbes » de Louis Bélanger, « Un profil pour deux » de Stéphane Robelin, « L’homme aux mille visages » d'Alberto Rodriguez, « United States of Love » de Thomasz Wasilewski

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