Qui veut faire l’ange fait la bête. En l’occurrence, la bête de Somme : Dany Boon aura donc dit et fait n’importe quoi à l’occasion de ces César 2009. « La veille , je boycotte, le lendemain, je suis présent et je fais le pitre sur scène et demain je fais quoi ? » Osons une suggestion : puisque l’acteur a empoché 26 millions d’euros pour « Bienvenue chez les Ch’tis », pourquoi ne rendrait-il pas au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais la somme astronomique de 500 000 euros que cette instance régionale avait jugé bon de prélever dans ses caisses publiques pour aider à la promotion du film ? Ce serait moral, non ?Avant même de voir finalement monter sur scène Dany Boon, on avait eu droit à un petit film « comique » sur le film-phénomène afin d’effacer, selon le maître de cérémonie, l’absence de « Bienvenue… » dans la liste des nominations. Erreur évidemment : le film figurait bien parmi les cinq en compétition pour le César du meilleur scénario. On a compris : le seul César qui compte, c’est celui du meilleur film. Celui du scénario, c’est de la rigolade. Troublant, non ?Je n’ai rien contre « Séraphine » et son scénario… « original » calqué sur la réalité. J’ai même été heureux de voir Yolande Moreau repartir avec un César mérité et joyeux. Mais, franchement, le meilleur film… N’est-ce pas un cadeau empoisonné pour un objet cinématographique qui brille par son sujet, mais vacille quand il s’agit de son traitement ? Il faut avoir le courage de dire que la réalisation de « Séraphine » n’est pas à la hauteur de la folie de son personnage principal ou de son inventivité. Il faut avoir le courage de dire que le scénario souffre de longs moments sans véritable intérêt. Six récompenses, c’est beaucoup pour ce seul film, non ?Et puis Jean-Paul Roussillon, meilleur Acteur dans un second rôle dans « Un conte de Noël ». Une récompense enfin pour le superbe film de Desplechin. Et pour un immense acteur. Mais, une seule, presque un lot de consolation. On a frôlé le zéro pointé. Et le scénario tricoté par Desplechin et Bourdieu, véritable plongée dans nos haines de famille ? Et la réalisation inventive, libre et fiévreuse de Desplechin ? Et la photo du génial Eric Gautier ? Et le montage de Laurence Briaud ? Et Deneuve et Amalric, tous deux déjà absents, hélas, de la liste des nommés. Rien, rien, rien. Ce soir, j’ai eu l’impression que ce film n’existait pas. Comme un goût d’amertume dans la bouche. Et de profonde injustice. Heureusement, Agnès Varda, ses plages délectables et son intervention parfaite qui permet de compenser l’absence de Depardon. Heureusement, l’affront cannois vengé pour « Valse avec Bachir ». Un peu de réconfort dans ce palmarès étrange qu’il faudra prendre le temps de décortiquer et d’analyser un peu plus. A tête reposée. La colère en moins.Pour l’intégralité du palmarès, une référence facile : le site franceinter.com !La phrase du jour ? « Les deux accessoires indispensables à la vie sont le soleil et le lait de coco. » Dustin Hoffman

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.