Soleil bourguignon et nivernais oblige : deux jours de silence que je romps bien volontiers pour vous parler de « Adieu Gary » de Nassim Amaouche. Le film passe-t-il au cinéma le plus proche d’ici, soit « Le Vauban » à Avallon, dans l’Yonne voisine ? A vrai dire, je l’ignore. Je l’ai vu en juin dernier au moment où nous avions reçu « en avant-première » son actrice principale, la rayonnante Dominique Reymond qui donne la réplique à Jean-Pierre Bacri décidément parfait quand il délaisse Alceste sans copiner avec Philinte. Auxquels il faut ajouter le nom de Yasmine Belmadi, jeune acteur qui vient hélas de se tuer accidentellement. Un impeccable trio d’acteurs pour un premier film qui pourrait bien être la petite perle cinéphilique de cet été. De fait, si un film c’est l’addition d’acteurs talentueux, d’un décor original et décalé juste ce qu’il faut pour garder toute sa signification et sociale et esthétique (ici, une usine désaffectée au cœur du « désert » français, côté ardéchois en l’occurrence), d’un scénario « simple » (le retour d’un fils dans le giron familial après un séjour en prison) mais bien écrit et qui parvient à multiplier les chants et les motifs faussement secondaires et vraiment importants, et enfin d’une caméra à hauteur de femmes et d’hommes capable de saisir les émotions sans excès Alors oui, dans ce cas, pas de doute on est bien face à un vrai film !C’est ce que l’on peut dire avec certitude de cet « Adieu Gary » (je vous laisse le soin de découvrir de quel Gary il s’agit puisqu’aussi bien c’est un motif tout à fait réussi). Sans avoir l’air d’y toucher, sans jamais faire la malin vis à vis de son spectateur (qualité essentielle et pas si fréquente…), sans tomber dans le didactisme, le film sème ses petits cailloux blancs sur les difficultés, les beautés et les limites du « vivre ensemble ». Pas de vérité révélée donc écrasante, mais juste des notations… justes sur nos doutes et nos certitudes. De là, il en découle un film qui a confiance en lui-même pour de bonnes raisons. Et qui partant de là pourrait bien être contagieux et nous donner aussi confiance à nous ses spectateurs. On peut demander cela à un film. Si, si ! Autre chose que de la nostalgie ou de l’adrénaline. On peut lui demander de nous aider un peu à vivre en nous tendant un miroir fidèle et intrigant, clair et en devenir. Les personnages inventés par Amaouche ne sont ni des caricatures ni des pantins, ils nous permettent au contraires quelques salutaires identifications ou analyses. Le tout porté par quelques discrètes (ou non !) référence cinématographique qui donnent au film un caractère de « projection (presque) privée ».Bref, c’est bien le cinéma en été quand il s’agit d’aller voir « Adieu Gary » !Ah ! ça ira La phrase du jour ,« Quand je me vois, je me désole, quand je me compare, je me console. »Isaïe, « Psaumes »

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