Mercredi 1 Décembre 2010 22:49

« Pourquoi je filme ? Parce que j’aime ça Parce que ça bouge Parce que ça vit Parce que ça pleure Parce que ça rit Parce qu’au ciné On est dans le noir On est au chaud Entre un mec qui vous fait du genou Et une nana qui enlève le sien Devant un con qui parle trop fort Derrière un génie aux cheveux ébouriffés Qui vous empêche de lire les sous-titres Parce ça danse Parce que ça chante Alors je plane Parce que c’est beau Parce que filmer, C’est comme une femme C’est comme un homme Ca peut faire mal Ca vous écorche C’est parfois moche Mais c’est bien quand même Parce que ça zoom Parce que ça travelling Parce que ça silence et moteur coupez Parce qu’on rêve A vingt-quatre images/ seconde Et que, par conséquent, Ca fonce dans la nuit A quatre-vingt-six mille quatre cents images à l’heure Et que le TGV en crève de jalousie Parce que c’est blanc Parce que c’est noir et bien d’autres choses encore Parce que j’aime ça Et parce que je ne sais rien faire d’autre. » Jacques Demy N’en déplaise à Alain Badiou, le cinéma de Jacques Demy est en nous comme les parfums de l’enfance et les bonheurs du présent. Aussi la parution du livre de Marie Colmant et Olivier Père éclaire-t-elle cette fin d’année neigeuse : « Jacques Demy » (tout simplement), aux éditions de La Martinière. Le texte reproduit ci-dessus vient clore cet ouvrage-objet superbe et terriblement indispensable pour qui aime le Demy monde. Si j’ai choisi de vous le restituer dans son intégralité c’est qu’il est un parfait appel à se plonger dans cette somme joyeuse sur l’auteur des « Parapluies de Cherbourg ». C’est un livre conte de fées tant on y trouve de trésors cachés qui reposent en partie sur un foisonnement de photos de tournage jamais ou rarement montrées : par exemple et parmi tant d’autres, les « jumelles » assises, l’une rousse, l’autre blonde, l’une fume, l’autre pas, l’une parle, l’autre se tait, l’une de profil, l’autre de face, l’une en rose, l’autre en jaune, etc. Incroyable photo d’un instant volé. Incroyable rendu des couleurs également et il faut dire qu’en la matière, ce livre n’est rien d’autre qu’un modèle du genre. Le soin apporté à son édition laisse pantois. Il y a même l’idée iconoclaste mais tellement évidente qu’un livre ce peut-être plusieurs caractères et différentes typographies, comme un film de Demy peut passer du rire aux larmes, de la pluie au soleil, de la nostalgie à l’ironie. Sans compter que ce que disent Père et Comant sur l’univers du cinéaste est pertinent, intelligent, sensible et modeste. Je ne vous dirai rien des cinq cartes postales que l’on trouve dans une petite pochette transparente et sous enveloppe à la toute fin du livre. Je ne vous en dirai rien car elles sont comme la touche finale au petit miracle qu’est assurément cet ouvrage. C’est bien l’époque des cadeaux n’est-ce pas ? Alors à celle ou à celui que vous aimez, ce serait beau d’offrir ce livre, comme un bouquet de fleurs, une bouteille de vin, un gros gâteau, bref comme l’un de ces plaisirs de la vie qui font croire que tout est possible !

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www.editionsdelamartiniere.fr

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