Les grosses productions occidentales s’exportent de plus en plus vers la Chine. Les films font tout pour s’adapter à ce nouveau public. Quitte à tomber dans la caricature.

Luc Besson (au centre) faisant la promotion de son film "Valerian" en Chine
Luc Besson (au centre) faisant la promotion de son film "Valerian" en Chine © Maxppp / CHINAFOTOPRESS

Le cinéma français reprend des couleurs à l’étranger, après une très mauvaise année 2016. 34 millions d’entrées avaient été enregistrées à travers le monde l’an dernier. Sur les huit premiers mois de 2017, les productions françaises ont déjà séduit 40 millions de personnes. Un rebond en grande partie liée aux bonnes performances de Valerian en Chine.

Le dernier film de Luc Besson a engrangé 60 millions de dollars en une semaine d'exploitation. De quoi éviter un naufrage économique à EuropaCorp, la société de production. Car Valerian a coûté au moins 200 millions d'euros. Et le film a fait un bide aux Etats-Unis : à peine 38 millions de dollars récoltés. Et une performance assez moyenne en France, avec 3 400 000 entrées.

Une garantie de rentabilité pour un film

L'Asie est devenue le troisième marché où le cinéma français s'exporte le mieux, après l'Europe et les Etats-Unis. Forte de ses 1 400 000 000 habitants, la Chine devient une place importante pour les films occidentaux. Le pays est d’ailleurs devenu celui où l’on compte le plus d’écrans de cinéma dans le monde : 40 917 salles obscures très précisément. Et dix nouvelles salles ouvrent tous les jours !

Séduire le public chinois, c’est l’assurance (ou presque) de rentabiliser le film. De nombreuses grosses productions françaises ou hollywoodiennes ont échappé au naufrage économique en faisant de bons scores dans les salles de cinéma de Chine.

En juin 2016, un autre film avait sauvé sa peau de façon encore plus spectaculaire. Warcraft : Le Commencement avait rapporté plus de 150 millions de dollars en cinq jours seulement en Chine. Autant que le budget du film.

Des films conçus spécialement pour plaire au public chinois

Les boîtes de production ont bien compris l’intérêt économique de la Chine et en font désormais une priorité. Mais pour laisser une place aux réalisations chinoises, Pékin met une barrière. Ainsi, chaque année, seuls 38 films étrangers obtiennent l’autorisation d’être diffusés en Chine. Pas plus. Les réalisateurs et les producteurs sont donc obligés de s’adapter au public chinois. Très souvent de façon caricaturale !

Imaginez par exemple une actrice chinoise, Li Bingbing, intégrée au casting de Transformers 4, sur quelques scènes seulement. Une apparition à l’écran très rapide mais l’assurance d’attirer des spectateurs supplémentaires. Le même film a été en partie tourné à Hong Kong. Une autre méthode pour séduire le public chinois.

Mieux encore, pour se faire bien voir du régime chinois et éviter la censure, certaines scènes montrent des agents de la CIA tabassés. On est bien loin du traditionnel patriotisme américain, très présent dans les grosses productions hollywoodiennes.

Des placements de produits à foison

Certains films basculent parfois dans le ridicule, lorsqu’ils sont utilisés par plusieurs grandes marques pour afficher leurs produits. Là encore, Transformers 4 est un exemple en la matière. Une scène qui se déroule en plein désert du Texas montre un homme retirer de l’argent à un distributeur de billets d’une grande banque chinoise. Les réseaux sociaux s’en amusent le plus souvent, mais s’en agacent aussi. Comme cet internaute chinois : « J’ai l’impression d’avoir payé 14 dollars pour regarder une publicité géante. »

Et l’affaire est tellement sérieuse qu’une agence de voyage chinoise a poursuivi en justice la Paramount, la société de production du film. Elle réclame une indemnisation de 27 millions de dollars, parce que le logo de l’agence de voyage n’apparaît pas dans le film alors qu’un accord avait été conclu pour que ce soit le cas.

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