L’information nous est parvenue grâce au « Film français » et plus exactement à sa Newsletter : « Le 21 avril prochain, « Les Femmes de l’ombre » de Jean-Paul Salomé sortira dans 1 000 salles en Chine ». C’est de fait un nombre considérable dans la mesure où la Chine compte actuellement moins de 3 000 salles de cinéma ! Un cinéma chinois sur trois va donc projeter cette « ode » à la résistance féminine durant l’Occupation. La raison de cet engouement s’appelle Sophie Marceau, vedette du film aux côtés notamment de Julie Depardieu et véritable star en Chine. On se réjouit évidemment pour l’actrice. Pour le cinéma français et son image à l’étranger, beaucoup moins ! « Les Femmes de l’ombre » est un très mauvais film, même pas l’épure de ce qu’aurait pu être un film digne de ce nom sur un sujet aussi fort. Même pas une épure ratée, non, mais une véritable caricature, oui, à côté de laquelle « Lucie Aubrac » de Claude Berri serait à classer parmi les chefs d’œuvre du cinéma mondial. C’est tout dire. On se demande si Jean-Paul Salomé a vu « L’Armée des ombres » et singulièrement le beau personnage incarné par Simone Signoret. On se demande si la résistance lui est apparue comme autre chose qu’un épisode de « Martine à la Kommandantur ». On s’interroge pour savoir si finalement faire un remake de « Babette s’en va-t-en guerre " n’aurait pas été préférable.Mais, me direz-vous, pourquoi revenir sur ce film ? Tout simplement parce que le public chinois risque de penser que le cinéma français, c’est ce film. Ce film qui est laid à regarder (vraiment !), qui est mal réalisé et dont les actrices et acteurs sont dirigés à la va-comme-je-te-pousse, il ne faudrait pas qu’il devienne au delà de nos frontières comme une sorte de référence. D’autant plus qu’un malheur n’arrivant jamais seul, Sophie Marceau est actuellement à l’affiche d’un autre film que je juge catastrophique en dépit de son succès phénoménal : « LOL ». D’ici à ce que les Chinois s’en aperçoivent et ne le distribuent dans leur pays encore plus largement que « Les Femmes de l’ombre »… Entre la vision caricaturale du passé et la description d’une famille de bobos parisiens qui vit dans un hôtel particulier parisien avec des problèmes aussi gigantesques que « Ma fille me ment, c’est horrible », les spectateurs chinois risquent d’avoir une drôle d’image de la France et de son cinéma.Le remède à cette situation inquiétante est simple, à vrai dire. Il faudrait juste que Sophie Marceau, qui tourna jadis sous la direction de Pialat, renoue avec des rôles exigeants et des cinéastes qui le seraient tout autant (exigeants !). Nous serions alors ravis à double titre d’envahir les écrans chinois. On peut rêver, non ?La phrase du jour ? « Ah ! qu’une aube nouvelle s’émerveille demain dans de plus vertes gemmes, ce n’est pas moi qui raviverai l’épine au cœur des saisons mortes. » Saint-John Perse, « Vents"

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