Le piratage se développerait en France
Le piratage se développerait en France © Flickr / Kate Haskell

C'est le chiffre donné par un rapport de l'ALPA (proche des grands groupes du cinéma français), qui s'alarme de la hausse du nombre d'internautes qui regardent illégalement des séries ou films. Mais l'Hadopi, elle, relativise ces données.

Sur le papier, le rapport de l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) est alarmant : 800.000 pirates de plus en 2013, pour un chiffre total de 13,2 millions, soit près d'un tiers des internautes français. La France serait donc de moins en moins respectueuse du droit d'auteur et ce, malgré l'évolution plutôt positive de l'offre légale au fil des mois.

Sauf que l'Hadopi, la haute autorité de contrôle de la diffusion des oeuvres, se montre beaucoup plus circonspecte sur ces chiffres, tout en les comparant avec les siens. Oui, 28,7 % des internautes, c'est beaucoup... Mais c'est une variation très faible par rapport aux années précédentes (28,3 % en 2012, 28,4 % en 2013). Bref, le piratage augmente, mais il ne fait que suivre mécaniquement le nombre d'internautes (2,7 millions d'utilisateurs supplémentaires en 2013).

Une adaptation laborieuse

Eric Walter, secrétaire général de l'Hadopi, reconnait toutefois que, hausse ou pas, la situation est encore difficile pour le cinéma et la télévision, qui peinent encore à s'adapter à l'ère Internet.

En matière de téléchargement illicite audiovisuel, il faut se garder de tout alarmisme mais, contrairement à la musique, le problème n'est pas encore derrière nous.

Il faut dire aussi que l'ALPA est financée par le ministère de la Culture mais aussi par plusieurs grands groupes audiovisuels français. Elle est même dirigée par Nicolas Seydoux, le patron de Gaumont.

Reste que le problème du téléchargement illégal est bien là, et qu'il nécessite une adaptation pour l'instant plutôt laborieuse. Les offres illimitées par abonnement se développent petit à petit, à l'image de ce qui s'est produit dans le domaine de la musique. Elles devraient encore évoluer, avec des tarifs à la baisse, avec l'arrivée à l'automne de l'américain Netflix.

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