Le voyage des comédiens
Le voyage des comédiens © radio-france

Bertrand Tavernier le disait ce matin au micro de "On aura tout vu" : Angelopoulos, c'est d'abord et avant tout "Le Voyage des comédiens". Et c'est à ce film que j'ai pensé en apprenant la mort du cinéaste grec qui dans la vraie vie était un éternel insatisfait comme si tant de perfection formelle et de contenu cinématographiques faisait de lui hors des plateaux de tournage un homme en colère contre ce monde du dehors qui lui est décidément imparfait.Ce n'est pas pour me vanter, mais j'étais un peu trop jeune pour découvrir "Le Voyage des comédiens" à sa sortie en 1975. Je l'ai découvert quelques années plus tard, la cinéphile venant au gré des cours séchés et des programmations du Quartier Latin. On ne se remet pas de certains films. Ce fut et c'est toujours le cas avec "Le Voyage des comédiens" dont j'ai toujours en tête la chanson-titre et le titre original, en grec donc ("O Thiasos"). Quelques années plus tard, je ne me remettrai pas non plus d'avoir vu "Le Soulier de satin" dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon mis en scène par Antoine Vitez. Et je découvre ce matin en lisant la presse que "Le Voyage des comédiens" était l'un des films préférés de Vitez qui comprenait aussi bien Antigone que Prouhèze et dont la voix, l'esprit, l'intelligence nous manqueront à jamais. Angelopoulos et Vitez, que rêver de mieux pour voir le monde et ses soubresauts, l'homme et ses gesticulations grandes ou petites ? Il y a peu de temps les excelentes éditions Potemkine dirigées par Agnès B. ont édité en DVD une belle intégrale des films de Théo Angelopoulos. Si vous m'en croyez, n'hésitez pas une seconde et faites en l'acquisition. Voyez ou revoyez ses films dans leur chronologie comme un voyage incroyable dans l'Europe des temps modernes.

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