Image du film "La Isla Minima" (2015)
Image du film "La Isla Minima" (2015) © Warner Bros Pictures España

Un excellent thriller sort sur les écrans de cinéma aujourd'hui : La Isla Minima de l'espagnol Alberto Rodriguez. Moins de dix ans après la mort de Franco , deux flics sont envoyés au fin fond de l'Andalousie sur les traces d'un dépeceur de jeunes filles . Un portrait à la fois très vif et très sombre de l'Espagne blessée par le fascisme. Et c'est un partenariat France Inter.

Il y a dans cette Isla Minima une plongée, au sens propre comme au figuré, dans les eaux troubles de l'Espagne du tout juste après Franco . On est au début des années 1980, dans une région de l'Andalousie oubliée des dieux. Où les hommes s'échinent à faire pousser du riz dans des marécages trop salés pour qu'autre chose en jaillisse. Ou alors si, mais là c'est très "gore " : des corps de jeunes filles horriblement mutilés... C'est l'intrigue de ce qu'on pourrait appeler aussi un polar-cheval-de-Troie... Comment une enquête sur les exactions d'un psychopate est en réalité une manière de dresser un portrait peu ragoûtant d'une Espagne post faciste frappée d'amnésie . On a donc deux flics, genre Starky et Hutch , mais en bien plus dépressifs sur les traces d'un serial killer de très jeunes filles. Elle ont toutes en commun d'avoir accepté de coucher contre la promesse d'une vie meilleure. La traque du pervers dans les eaux boueuses du Guadalquivir est aussi le prétexte au déploiement d'un cinéma plutôt très ambitieux mais encore et peut-être surtout la possibilité d'une charge assez violente sur l'état démocratique d'un pays où comme le dit sans détour le réalisateur "le cadavre de Franco bouge encore ".

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Image du film "La Isla Minima" (2015)
Image du film "La Isla Minima" (2015) © Warner Bros Pictures España

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