Il me faut bien l’avouer aujourd’hui : Johnny Hallyday n’a jamais été mon idole des jeunes ni sur scène ni à l’écran ni chez Optic 2000. Alors l’annonce de sa participation au nouveau film du très à la mode cannoise Johnnie To ne m’a franchement pas bouleversé. Heureusement d’autres se sont chargés d’être enthousiastes à ma place. Le phénomène Johnny marche toujours très bien et tant mieux pour les fans sincères et les affaires effarantes de sa « petite » entreprise. Ce matin donc, nous avons découvert « Vengeance » de Johnnie T. avec Johnny H. dans le rôle principal d’un père qui vient à Hong Kong pour venger sa fille grièvement blessée et dont on a tué le mari et les deux enfants au cours du même massacre. Pour mener à bien sa vengeance Johnny, pardon Francis Costello (sic) qui tient « un restaurant sur les Champs Elysées » (le Mac Do, le Pizza Pino ou le Quick ? parce que sinon je ne vois pas trop…) embauche trois tueurs patibulaires qui s’avéreront les meilleurs potes du commanditaire de l’assassinat évoqué plus haut. Shakespearien, non ? Non ! Drôle au second degré en raison de Johnny / Costello dont le l’artiste/personnage est l’improbable rencontre entre le mime Marceau (pour le quasi mutisme, pas pour la perfection de la gestuelle, hein !), Jason Bourne (il perd la mémoire au fil de l’action ) et Rahan pour une animalité cavernicole qui me réjouit toujours autant. J’ai entendu ici ou là l’adjectif melvillien : j’invite à un peu de modération pour éviter de confondre hiératisme assumé et vide abyssal… Je serais injuste si je ne disais pas qu’au-delà de ce personnage qui m’a fait rire et d’un scénario écrit sur un bout de table, il reste quelques moments de bravoure comme cette bataille dans une décharge publique où chacun se protège avec de gros tas carrés de journaux à recycler. Comme quoi le Sommet de Rio peut servir utilement le polar. Et puis Johnnie To est très prodigue d’un élément-clé : la balle de revolver. Au bout de la mille deux cent quarante-huitième échangée en une heure seulement, j’ai cessé de compter. Mais au fond, c’est cela « Vengeance », un polar pour le cinéma de la plage, sitôt vu, sitôt oublié. Une chose est certaine, Johhnie To a fait beaucoup mieux que cet exercice de style et de star qui a force d’emprunts et de citations manque tout simplement d’âme et de corps.Ah ! décidément remontrez-nous « Un prophète » !La phrase du matin ?« - Tu es belle, Héléna, si belle que te regarder est une souffrance. - Hier, vous disiez que c’était une joie.- C’est une joie et une souffrance. »Bernard Granger, alias Gérard Depardieu, à Marion Steiner, alias Catherine Deneuve, dans « Le Dernier Métro » de François Truffaut

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