Juste après l’émission de vendredi, j’ai reçu un SMS de l’une des productrices du film « Coco avant Chanel ». Je n’ai pas à reproduire ici son contenu et notamment parce qu’il ne s’agit pas de répondre publiquement à un courrier privé. Ce serait déloyal (j’aime cet adjectif : il sonne vieille France et juste dans le même mouvement !) En revanche, je souhaite m’exprimer sur le fond et dire pourquoi, non décidément, je ne suis pas sensible aux charmes de ce film.Passons sur cette mode des « biopics » tous azimuts qui disparaîtra comme elle est venue et fera sa réapparition quelques temps après puisqu’aussi bien le cinéma a toujours connu ce mouvement de balancier entre héros inventés et pieuses biographies (j’écris pieuses à dessein : c’est le dénommé Jésus-Christ qui dès 1896 a fait les frais de cette certaine tendance du cinéma mondial !) Disons simplement que pour un Pialat qui nous donne « son » Van Gogh et par conséquent fait œuvre de création, combien de bios filmées qui ne font que surfer sur un genre qui a les faveurs du public a priori.Alors quid de cette Coco-là (avant de voir celle de Kounen-Mouglalis en clôture de Cannes…) ? Son problème à mes (pauvres) yeux, c’est précisément un manque d’originalité. Je ne vois pas Anne Fontaine dans ce film. Je ne vois pas le regard pénétrant de l’auteur de « Comment j’ai tue mon père » ou l’œil loufoque de ce même auteur quand elle nous faisait un « nettoyage à sec ». A la place, j’assiste à un bon gros téléfilm de prestige où rien ne manque sauf une âme, c’est à dire rien sauf l’essentiel. Vous savez cette âme qui renferme tout, qui dit tout, par qui tout passe. Là, rien ou si peu, à travers des personnages secondaires comme la cocotte magnifiquement jouée et déjouée par Emmanuelle Devos. Sans ce supplément d’âme, je ne vois guère l’intérêt de faire un tel film. Voilà pourquoi je ne suis pas tombé sur mon postérieur en découvrant cette bio filmée, pas plus d’ailleurs que celle de Sagan ou de Piaf par exemple ne m’avaient convaincu.C’est ce que je tenterai d’expliquer à « ma » productrice adepte du SMS de vive voix à Cannes peut-être. C’est du moins ce que nous nous sommes promis de faire. Car, j’oubliais de vous le dire : notre échange fut vif mais amical et de cela je suis fier ! La productrice produit, le critique critique : ils peuvent dialoguer dès lors que ce qui prime c’est le respect. Mutuel.La phrase du jour ? « Vous avez déjà lu Le Larousse ? C’est un recueil de noms célèbres totalement inconnus »Extrait de « Copie conforme » écrit par Henri Jeanson et réalisé par Jean Dréville

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