Hier soir, dîner avec un ami journaliste de Radio France. Conversation itinérante, sans but précis, pour le plaisir du vagabondage et du coq à l’âne. On parle cinéma et nouveaux films en tombant d’accord sur l’intérêt de « Démineurs ». Lui me raconte ensuite par le menu un film de guerre anglais parfaitement inconnu de moi… et du reste du monde m’assure-t-il. Je n’ai pas vu tous les films, la chair n’est donc pas triste ! Espoir de voir un jour ce petit bijou britannique. Pour l’heure, on reste au stade du film évoqué. Puis, question rituelle, l’ami me demande quel est mon film préféré. Un film ? un seul ? Plaisanterie ! Mais s’il n’en restait qu’un ? Après tout, pourquoi pas… Je lance un titre, certain qu’hier ou demain un autre serait venu à mon esprit. Mais ce soir, c’est « La Nuit du chasseur ». Il me regarde, sourit à moitié et me dit : « Ce film-là, je ne le reverrai jamais. » Voilà comment, presque par hasard, on touche « juste ». Juste n’est pas le mot. On touche. Et l’ami de s’expliquer : « Ce film, je l’ai montré un soir à une femme que j’aimais passionnément. La soirée fut très agréable. Le lendemain, elle m’ a quitté pour toujours. » Pas un mot de plus. Trois phrases pour un vrai malheur. Dans le souvenir intact et encore vibrant, l'empreinte d’un film définitivement associé au gouffre. « La Nuit du chasseur » n’était évidemment pour rien dans le départ de la bien aimée. Mais, lui ne reverra ni l’une ni l’autre. Les destins sont liés. Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Tout va bien » X.

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