Drôle d’ambiance. Mais, c’est chaque année ainsi depuis que le palmarès est annoncé le dimanche soir. En attendant la Palme, le samedi est d’un ennui mortel, sans compter le dimanche à venir (c’est samedi en pire). Alors, on écoute glouglouter les égouts de la rumeur en provenance d’une « source proche du jury » (forcément !). Tout y passe : la mauvaise humeur de l’Huppert présidente, ses relations détestables avec les autres membre du jury, le front contre une seconde Palme française coup sur coup, les réticences à primer Haneke le réalisateur de « La Pianiste » avec Isabelle H. dans le rôle principal et primée à Cannes pour cela, la nécessité(?) de récompenser Almodovar pour éviter qu’une fois de plus (de trop ?) il ne reparte bredouille de Cannes, le penchant des étrangers pour le film de Jane Campion,… j’en passe et des plus bizarres, des plus tordues et des mieux informées (?). Bref, un déluge d’inepties invérifiables. Ainsi va la vie cannoise, dérisoire. A hue et à dia, comme un cheval rétif. N’importe où et n’importe comment. Alors qu’il n’y a qu’une seule chose à attendre : que l’attelage arrive à bon port demain soir. Il sera bien temps alors de le commenter.Dans cet océan de clapotis sans intérêt, la remise du Prix France Culture, présidé par Sandrine Bonnaire, était particulièrement rafraîchissante. Ici, pas d’enjeu, pas de jeu de dupes, pas de marches et de palme, juste l’amour du cinéma. Et un lauréat content : François Dupeyron, cinéaste attachant, multiple dont le récent « Aide toi, le ciel t’aidera » aura été une des rares comédies françaises récentes à pouvoir être regardée sans honte ni rougissement. Tout simplement parce que Dupeyron ne prend pas ses futurs spectateurs pour des attardés mentaux ou des éternels ados avides de blagues scatos ou salaces. Tout simplement parce que faire rire avec du tragique (la mort, la canicule, le communautarisme,…) est un chemin escarpé et difficile que Dupeyron a magistralement emprunté.On ne perd rien à tout (se) dire. Je n’ai pas publié un commentaire relatif au post sur le film de Gaspar Noé parce qu’il ne comportait qu’une phrase injurieuse à l’égard du blogueur. Sans autre argumentation que l’insulte et la vulgarité. C’est l’occasion de redire ici la règle du jeu : ces posts ne sont que le reflet d’un état critique et rien d’autre. Je n’ai pas aimé le film de Noé (je ne suis vraiment pas le seul, mais ça, par exemple, ce n’est pas un bon argument !), je le dis, je l’écris ici et voilà tout. A chacun ensuite de suivre son cheminEt c’est ainsi qu’ Audiard est grand.La phrase du jour ?« Te prendre à Dieu contre moi-même, Etreindre, étreindre ce qu’on aime, tout le reste est jouer aux désEt tout le reste est des idées. »Aragon, « Le Fou d’Elsa »

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