de Pedro Almodovar

avec Antonio Banderas, Elena Anaya et Marisa Paredes

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire.Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert un cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant au cobaye…Au fil des ans, des dizaines de jeunes gens disparaissent de chez eux, souvent de leur plein gré. L’un d’eux se retrouve à partager avec Robert et Marilia la splendide demeure d’El Cigarral. Et ce, contre sa volonté…

"Il y a des processus irréversibles, des chemins sans retour, des allers simples. La piel que habito raconte l’histoire de l’un de ces processus. L’héroïne emprunte involontairement l’un de ces chemins, elle est obligée d’une manière brutale d’entreprendre un voyage duquel elle ne pourra revenir. Son histoire kafkaïenne est une condamnation édictée par un jury composé d’une seule personne : son pire ennemi. Le verdict, par conséquent, n’est autre qu’une forme de vengeance extrême.La piel que habito raconte l’histoire de cette vengeance."

"Une telle histoire me faisait penser à Luis Buñuel, Alfred Hitchcock et à tous les Fritz Lang (de l’expressionnisme au film noir). J’ai songé aussi à l’esthétique pop des films d’horreur de la Hammer, ou aux films les plus psychédéliques et les plus kitsch du giallo italien (Dario Argento, Mario Bava, Umberto Lenzi…). Le lyrisme de Georges Franju dans Les yeux sans visage m’est aussi venu à l’esprit. Après avoir évalué toutes ces références, je me suis rendu compte qu’aucune d’elles ne correspondait à ce que je souhaitais pour La piel que habito . J’ai donc décidé de suivre mon propre chemin et de me laisser porter par l’intuition ; au bout du compte, c’est ce que j’ai toujours fait. En m’affranchissant de l’ombre des maîtres du genre (pour la simple et bonne raison que j’ignore à quel genre appartient ce film) et en renonçant à mes propres souvenirs cinématographiques,une seule chose était claire pour moi : la narration devait être austère et sobre, dépourvue de rhétorique visuelle et en aucun cas gore, même si dans les ellipses, on imagine que beaucoup de sang est versé."

Pedro Almodovar

Almodovar et Banderas
Almodovar et Banderas © Radio France / José Haro
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