Ce mercredi 20 novembre, les studios Disney sortent la suite de l'un des films d’animations les plus lucratifs de l’histoire : “La Reine des neiges”. Une suite drôle et touchante et visuellement impressionnante. Carton assuré à quelques semaines de Noël.

Extrait de la bande annonce de "La Reine des Neiges 2"
Extrait de la bande annonce de "La Reine des Neiges 2" © Capture d'écran

Oubliez “Libéréééée, délivréééee”, préparez-vous à vous habituer à “Dans un autre moooooonde” : à partir de mercredi, la nouvelle chanson phare d’Elsa, la Reine des neiges, déferlera sur la planète entière, avec la sortie de “La Reine des neiges 2”, suite de l’énorme succès de l’année 2013 - et le dixième film Disney de l’année 2019. 

Cette libre adaptation d’un conte d’Andersen avait attiré plus de cinq millions de spectateurs dans les salles en France, et avait enregistré plus de 1,27 milliard de dollars de recettes dans le monde entier, devenant le film d’animation le plus lucratif de tous les temps, loin devant Le Roi lion (dans sa version animée) auparavant tenant du titre. 

Il se trouve que depuis, Le Roi Lion a devancé de nouveau La Reine des neiges au box-office grâce à sa version en images de synthèse, sortie il y a quelques mois. 

Un pari risqué pour Disney

Avec “La Reine des neiges 2”, Disney relève un pari risqué : celui de la suite d’un film à succès. A l’exception des films coproduits avec Pixar comme Cars ou Toy Story, Disney a historiquement peu excellé dans les suites. Le succès critique et/ou commercial n'a jamais été au rendez-vous.

Dans cette suite, Elsa, la reine du royaume d’Arenden aux pouvoirs glaçants et sa soeur Anna partent à l’aventure loin, très loin de leur royaume. Accompagnées par le sympathique Kristoff, son renne Sven et le bonhomme de neige Olaf, elles partent vers une forêt enchantée qui semble appeler Elsa avec un chant mystérieux. Une aventure qui les emmène à la rencontre de nouveaux personnages, de paysages différents, et qui les confronte à leur passé autant qu’aux pouvoirs élémentaires de la nature. 

La sortie du film mercredi prochain sera le résultat d’une attente de plus de quatre ans pour les amateurs et amatrices du premier opus. La production de cette suite par les réalisateurs Jennifer Lee et Chris Buck a été annoncée en 2015 et a engendré des dizaines de rumeurs et de spéculations sur le scénario du numéro 2 maintenu ultra-secret.

Exercice d’équilibre entre plusieurs niveaux de lecture

Ce long-métrage est un exercice d’équilibre admirablement réussi par Disney : les studios américains savent produire du grands divertissements et le prouvent tout au long du film. L’équilibre entre l’humour et l’émotion est parfaitement respecté, et l’on passe en une poignée de minutes d’une scène hilarante où le bonhomme de neige Olaf s’improvise conteur dans l’une des scènes les plus poignantes du film, qui sait jouer de l’émotion en invoquant le passé et la mémoire - comme l’avait fait, quelques années plus tôt, le brillant “Coco” co-produit avec Pixar. 

Le film jongle habilement entre les niveaux de lecture, avec des personnages faits sur mesure pour les enfants (une mignonne petite salamandre) et des thématiques plus adultes. Il est aussi truffé de clins d'oeil à la culture populaire et au premier film. 

Comme dans le précédent opus, il met en avant des figures féminines fortes et indépendantes - y compris parmi les personnages secondaires, là où les personnages masculins sont clairement en retrait. En ce sens, parce qu'il érige des "role models" pour les enfants, "La Reine des Neiges 2" est aussi féministe que son prédécesseur, même si, six ans après le premier film, ces héroïnes féminines paraissent moins révolutionnaires, plus familières. 

En revanche n'espérez pas voir Elsa avec une petite amie, comme l'ont longtemps demandé des pétitions sur les réseaux sociaux : il y a plusieurs mois déjà la réalisatrice Jennifer Lee a rappelé qu'elle n'avait pas l'intention de se concentrer sur les histoires sentimentales de son personnage principal... en tout cas pas pour l'instant. 

Ainsi, le film arrive à conserver une part de mystère : si des questions trouvent pleinement leur réponse, d’autres restent en suspens, laissant la porte ouverte à un troisième film, et qui ont aussi l’avantage de laisser certains aspects du film ouverts à plusieurs interprétations

Mais surtout, le film est un bijou esthétique : en misant sur une histoire dans laquelle les quatre éléments - terre, feu, eau, air - ont une place-clé, les animateurs des studios Disney montrent leur virtuosité quand il s’agit d’animer des textures, des flux, des mouvements. Les scènes à la surface de la mer ou celles sous la pluie sont admirables. 

Pas de nouveau “Libérée, délivrée”

Seul (léger) bémol dans cette avalanche de louanges : les chansons. Se frotter à l’hymne qu’est devenu “Libérée, délivrée” n’était pas chose facile : le duo d'auteurs-compositeurs Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez n’échoue pas totalement avec “Dans un autre monde”, qui va vous rester facilement dans la tête (et dans celle de vos enfants) mais ne parvient pas à toucher une deuxième fois le caractère universel qui avait fait le succès de la première chanson. 

Au-delà, on sent que les “recettes” des chansons du premier film sont presque copiées-collées : on retrouve le stéréotype de la chanson d’ouverture en flash-back, de la chanson enjouée de la princesse Anna, du titre jazzy du bonhomme de neige Olaf. Seules excellentes surprises : “J’ai perdu le Nord” interprétée par Kristoff dans une parenthèse déjantée du film, irrésistible, et “Je te cherche”, un autre solo de la reine Elsa, bien plus fort que “Dans un autre monde”.

Au final, le film va-t-il marcher ? Evidemment : on parle de la suite de l’un des plus gros succès de la culture pop de ces dernières années. Est-il un bon film ? Oui. Même si on regrette de voir, au travers des chansons, une volonté de “rejouer” le succès du premier opus, ce film montre ce que Disney sait faire de mieux : des dessins animés pour toute la famille, et du divertissement qui sait jouer avec le rire et les larmes. 

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