Un film d'Abdellatif Kechicheavec Léa Seydoux, Adèle ExarchopoulosLibrement inspiré de "Le Bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...

Pas de militantisme sur l'homosexualité, juste de l'amour

"Ça parle d'une histoire d'amour, ce n'est pas important que ce soit deux femmes, et on l'oublie", déclarait Adèle Exarchopoulos en conférence de presse à Cannes. Abdelatif Kéchiche réfute tout militantisme, "Je n’avais rien à dire de militant sur l’homosexualité. Je ne cherchais pas à la définir et durant toute la fabrication du film je ne me suis jamais posé la question : « ah oui, ce sont deux femmes... ». J’avais plus le sentiment de traiter, de raconter l’histoire d’un couple, du couple. La problématique de l’homosexualité, je ne voyais pas pour quelles raisons je l’aborderai spécialement, car la meilleure façon, si je devais avoir un discours sur ce sujet, ce serait de ne pas en avoir, de filmer cela comme n’importe quelle histoire d’amour, avec toute la beauté que cela comprend." Le réalisateur franco-tunisien espère toutefois que son film fera "du bien à la jeunesse tunisienne", évocant la nécessité d'une révolution sexuelle en Tunisie.

Le choix des comédiennes

"J’ai d’abord rencontré Léa Seydoux pour le rôle d’Emma" explique Abdelatif Kéchiche. "Elle avait la beauté, la voix, l’intelligence et la liberté du personnage. Mais surtout ce qui a été déterminant lors de ma rencontre avec Léa, c’est son regard sur la société, elle est très à l’écoute du monde qui l’entoure, elle est empreinte d’une réelle conscience sociale. Il y a en elle un véritable engagement vers le monde, qui correspond beaucoup au mien. J’ai pu m’en rendre vraiment compte puisque j’ai passé un an avec elle, entre le moment où elle a été choisie pour le rôle et la fin du tournage.""Nous avons fait un gigantesque casting, et dès que j’ai vu Adèle, je l’ai choisie." poursuit le réalisteur "Je l’avais invitée dans une brasserie. Elle a commandé une tarte au citron, et à sa façon de la manger, je me suis dit : « c’est elle ». Elle est « dans les sens », sa façon de bouger sa bouche, de mâcher... La bouche a été un élément très important pour ce film, et même les deux bouches des deux héroïnes, elles étaient très déterminantes et ce, pour des raisons très humaines. Elles provoquent toutes sortes d’impressions, de sensations. On est touché par quelque chose dans un visage, un nez, une bouche. Pour moi, c’est le moteur des choses."

La polémique

"Selon moi, ce film ne devrait pas sortir, il a été trop sali." confiait il y a quelques jour le réalisateur à Télérama "La Palme d’or n’a été qu’un bref instant de bonheur ; ensuite, je me suis senti humilié, déshonoré, j’ai senti un rejet de ma personne, que je vis comme une malédiction..." Retour sur la polémique dans "Grand Public" d'Aïda Touihri

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