Dans "La Villa", Robert Guédiguian retrouve ses calanques, ses acteurs (Ascaride, Darroussin, Meylan...), ses utopies... serait-ce un film testamentaire ? Il a en tous cas, ému les critiques du "Masque et la Plume"... Tous, sauf Pierre Murat - mais comme le critique le reconnaît lui-même, "il a sans doute tort".

Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride et Gérard Meylan dans "La Villa" de Robert Guédiguian
Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride et Gérard Meylan dans "La Villa" de Robert Guédiguian © AGAT FILMS & CIE France 3 CINEMA 2016

Tous sont réunis dans une de ces calanques chères au cœur du Marseillais Robert Guédiguian. C'est l'hiver, le vieux père se meurt et autour de lui : sa fille Angèle (Ariane Ascaride) et ses deux frères Joseph et Armand (Darroussin et Meylan), ce dernier tenant le restaurant ouvrier qu'avait créé le père dans un esprit généreux, fraternel. Autour, les promoteurs immobiliers qui s'apprêtent à raser ce lieu magique où débarquent trois jeunes réfugiés.

Jérôme Garcin a trouvé dans le film "quelque chose de presque testamentaire - du moins bilan d'une vie, de ses engagements, de ses passions et puis aussi de ses engagements politiques". 

Sophie Avon : "magnifique"

Ce qui m'a frappée, c'est la façon dont justement, par cette alchimie entre sa mélancolie et son optimisme mêlées, Robert Guédiguian arrive dans un même mouvement à filmer le début et la fin. On peut raconter la scène d'ouverture : on voit l'aube se lever et se refléter sur la mer, c'est absolument sublime, et un vieil homme est en train, sinon de mourir, au moins de flancher. C'est comme si on assistait à un levant et un crépuscule en même temps. Tout le film est à l'aune de ce double mouvement contradictoire.

Finalement, c'est l'histoire de sexagénaires qui font le bilan de leurs vies et il font des comptes qui sont assez moroses, et qui pourtant vont relever le gant du futur.

Robert Guédiguian est à la fois dans la mélancolie tchékhovienne et en même temps, parce que c'est sa nature aussi, il rebondit - et c'est ça qui est magnifique parce qu'il rebondit par le haut !

Jean-Pierre Darroussin
Jean-Pierre Darroussin / AGAT FILMS & CIE France 3 CINEMA 2016

Danièle Heymann : "absolument magnifique"

Jérôme Garcin parle de testament, moi je parle de bilan. Il reprend TOUT : 

  • ses acteurs
  • ses utopies
  • la perte des illusions 
  • ...

Dans le premier plan, il y a ce vieil homme qui est sur la terrasse de cette villa (qui est un personnage principal) et il dit : "Tant pis". Et tout l'effort de ce film, c'est de dire : "Non ! Pas tant pis. Il y a encore quelque chose à espérer, quelque chose à renouer".

J'ai trouvé ce film profondément émouvant.  

L'équipe de "La Villa" de Robert Guédiguian
L'équipe de "La Villa" de Robert Guédiguian / AGAT FILMS & CIE France 3 CINEMA 2016

Jean-Marc Lalanne : "un des plus forts moments de cinéma de cette année"

Dans les deux versants du film, il y en un qui est moins réussi que l'autre : le drame familial avec une tragédie vécue par le personnage d'Ariane Ascaride, qui explique la raison pour laquelle elle s'est éloignée et qui est distillé par une série de flash-back, c'est un procédé un peu artificiel...

Outre cette réserve, j'aime beaucoup ce film. D'une part, je trouve que, vraiment, on voit à quel point Robert Guédiguian est vraiment très fort sur la mise en scène. Il a un sens du découpage, une aptitude à raconter un lieu par l'agencement des plans qui est vraiment très forte... La scène où on découvre trois enfants en train de s'alimenter dans la forêt comme une société primitive est vraiment l'un des moments de cinéma les plus forts que j'ai vu cette année. 

Tournage dans les calanques marseillaises dans le nouveau film de Guédiguian
Tournage dans les calanques marseillaises dans le nouveau film de Guédiguian / AGAT FILMS & CIE France 3 CINEMA 2016

Pierre Murat : "La mélancolie n'est pas loin d'une certaine mièvrerie…"

Je ne suis pas trop entré dans le film... Mes camarades de Télérama délirent, c'est le film de l'année pour eux. Ils sont tous comme Danièle Heymann : en larmes… Pas moi.

Je trouve que c'est un peu vieux tout ça… J'ai vraiment l'impression d'avoir vu le film d'un très vieux monsieur. J'ai sûrement tort… Puisque tout le monde pleure, pleurons !

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Anaïs Demoustier
Anaïs Demoustier / AGAT FILMS & CIE France 3 CINEMA 2016

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