Nouvel épisode de la série d’été « A la découverte d’Internet dans les régions françaises »… Il semble que de ce point de vue rien ne soit simple du côté du lac du Salagou, près de Lodève, dans l’Hérault ! Mais si vous lisez ces lignes, c’est que finalement le blogueur, après deux jours d’essais infructueux, aura trouvé une solution pour se connecter malgré tout depuis ce lieu étrange à la terre rouge… Et comme dit le proverbe, se connecter un jour, c’est se connecter toujours !Jean-Paul Roussillon. Un prénom composé. Un nom patrimonial solaire, estival, rayonnant. D’abord sur une affiche de théâtre… Comme une promesse. Peut-être chez Chéreau. Aux Amandiers. Dans du Koltès. Peut-être. Tant pis, on ne vérifiera pas sur internet ce souvenir-là. Oui, non, peut-être. On ne prête qu’aux riches. Roussillon en faisait partie. Il appartenait à cette catégorie d’actrices et d’acteurs particuliers et très … subjective ! Roussillon est à l’affiche ? On y va ! C’est simplet non ? Oui, assurément. Mais voilà, c’est comme ça. Impossible de réagir autrement. Il y Roussillon donc, c’est intéressant. Au total, un bilan positif ! Oui ! L’idée selon laquelle « Il y a Roussillon, donc c’est bien » s’est avérée plutôt… exacte ! L’acteur Roussillon avait du flair, il ne jouait pas n’importe quoi dirigé par n’importe qui. Alors le suivre ne relevait pas du parcours du combattant. Mais plutôt de la partie de plaisir.Mais comment pouvait-il en être autrement avec une voix pareille ? pour dire la voix de Roussillon, il faudrait être un génie. Tiens, ce serait une bonne épreuve au Concours général ou à Normale Sup : « Décrivez la voix de Roussillon, ce qu’elle est, ce qu’elle évoque, ce qu’elle fait naître comme émotion,… ». Bon courage ! Évidemment, il y a des adjectifs qui viennent : bougon, rocailleux, terrien, tellurique, dévastateur, plébéien, grognon, caillouteux, … débrouillez-vous avec ça ! C’est aussi pauvre que limité. La voix de Roussillon, vous l’entendiez une fois et vous la gardiez à vie. Ce n’est pas plus compliqué que cela à dire. Des voix comme la sienne, il y en a peu : Pierre Brasseur, Raimu,.. qui d’autre ? Des voix qui viennent du ventre. Des voix qui plastronnent faussement et qui se livrent vraiment. Des voix profondément émouvantes en fait. Des voix qui vous secouent. Des vois paternelles et fraternelles. De fausses grosses voix qui admonestent alors qu’elles vous tendent la main.Au cinéma, la dernière voix de Roussillon, ce fut dans le chef d’œuvre de Desplechin, « Un conte de Noël » (n‘en déplaise aux esprits chagrins et aux tristes figures, je persiste et je signe !). Il y incarnait l’époux transi d’amour de Catherine Deneuve. Sur le papier, un couple improbable. Du genre la belle et la bête. Dans les faits, un alliage sublime. De ceux dont on rêve. De ceux pour lesquels on est capable de tout sacrifier. De ceux enfin dont on se dit : dépassons la peur et soyons à leur hauteur ! Bref, Roussillon-Deneuve, on y croyait sans barguigner et c’était formidable.Désormais, il nous faudra apprendre à faire sans la voix de Roussillon, à accepter l’idée qu’elle appartient à nos souvenirs et aux archives. Il nous faudra apprendre à vivre avec cette absence laquelle n’aura rien de provisoire, elle.Ah ! ça ira !La phrase du jour ?« Le temps de la sieste lui apparaissait comme absolument nécessaire. Non pas comme un temps perdu ou dérisoire, non pas comme un moment laissé à l’abandon. Au contraire, il se reposait et alors la vie lui venait, impérieuse et joyeuse, féconde et prometteuse. Enivrante. »Henri Calet, « Vagabondes

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