"Lady Bird" est le premier film de Greta Gerwig, l'actrice fétiche de Noah Baumbach. Il a reçu deux Golden Globes (meilleure comédie et meilleure actrice dans une comédie) et cinq nominations aux Oscars (mais aucun prix). Qu'en ont pensé les critiques du "Masque et la Plume" ?

"Lady Bord" de Greta Gerwig, à découvrir dans les salles françaises depuis le 28 février 2018
"Lady Bord" de Greta Gerwig, à découvrir dans les salles françaises depuis le 28 février 2018 © Universal Pictures / Merie Wallace, courtesy of A24

Greta Gerwig raconte la fin de son adolescence à Sacramento, ses relations compliquées et bizarres avec sa mère et son envie irrésistible d'aller étudier à New-York.

Eric Ciment : "d'une justesse inouïe"

C'est un film sur l'adolescence d'une justesse inouïe. C'est d'autant plus réussi que la réalisatrice, Greta Gerwig, n'a pas 19 ans : elle a attendu donc elle a fait le tri. Elle a mis juste ce qu'il fallait dans le film : les rapports avec la mère, cette fille qui veut se faire passer pour ce qu'elle n'est pas...

Ça commence par une phrase de Joan Didion : 

Quiconque parle d'hédonisme californien n'a jamais passé Noël à Sacramento.

Tout le film est résumé là-dedans. L'adolescence, c'est cet âge où on a l'impression que personne ne vous ressemble assez pour vous comprendre. Lady Bird s'invente une vie : elle croit qu'elle va partir pour le Connecticut où, s'imagine-t-elle, tous les écrivains vivent dans la forêt. Ce sont tous ses rêves contrariés par le quotidien, le côté matériel des choses, la violence des rapports (c'est le genre de fille qui est capable, quand elle se dispute en voiture avec sa mère, d'ouvrir sa portière et de sauter).

Pierre Murat : "très sympa. Pas plus que ça mais très sympa."

Saoirse Ronan (l'actrice principale) est formidable. Voilà. Mais quand même : sur l'adolescence, on a quand même vu ça 32,5 fois. 

Je suis un peu étonné que Greta Gerwig soit nommée aux oscars comme metteur en scène alors que celui qui a fait 3 Billboards - les panneaux de la vengeance est oublié, ça me paraît complètement incongru. 

Pierre Murat : "L'actrice est formidable"
Pierre Murat : "L'actrice est formidable" / Universal Pictures / Merie Wallace, courtesy of A24

Charlotte Lipinska : "une justesse d’écriture incroyable"

Les jeunes d'aujourd'hui ont plus de chances que Sophie et moi ; nous on avait La Boum ; eux ont Lady Bird... C'est une chronique adolescente de l'émancipation. Il y a une justesse d’écriture incroyable. 

Greta Gerwig saisit extrêmement bien ce passage à la jeune femme où on est capable d'être très insolent avec ses profs et ses parents et paralysé de timidité devant le beau garçon qui passe (surtout s'il est mystérieux).

Sophie Avon : "une justesse merveilleuse"

On a déjà vu ce thème traité des centaines de fois mais Greta Gerwig a une justesse merveilleuse. L'actrice qu'elle est et qu'on a découverte avec Noah Baumbach, qui est un mélange de grâce et de maladresse, on a l'impression de la voir dans ce film. Elle ne joue pas à l'écran mais pourtant elle irradie. 

Ecoutez

Ecoutez toutes les critiques échangées autour de Jérôme Garcin sur Lady Bird par Sophie Avon (Sud-Ouest), Charlotte Lipinska (Vanity Fair), Pierre Murat (Télérama) et Eric Neuhoff (Le Figaro) :

4 min

"Lady Bird" de Greta Gerwig : les critiques du Masque et la Plume

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Charlotte Lipinska : "Le film est très drôle"
Charlotte Lipinska : "Le film est très drôle" / Universal Pictures / Merie Wallace, courtesy of A24
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