Les journalistes invités du Masque, très dubitatifs, soulignent l’ambition ratée du film de Jonathan Nossiter, malgré quelques passages réussis et émouvants.

Image du film Last Words de Jonathan Nossiter
Image du film Last Words de Jonathan Nossiter © J. Nosssiter Jour2fête

"Last Words" présenté par Jérôme Garcin

Le film de Jonathan Nossiter est adapté du roman Mes Derniers Mots (POL) de Santiago Amigorena (coauteur du scénario). Dans Last Words, avec Nick Nolte, Charlotte Rampling et Kalipha Touray, l’humanité est décimée par un virus respiratoire et le monde n'est plus qu'un immense désert. 

Le héros, un jeune Africain sans nom, tombe sur des pellicules de Cinecittà et part pour l'Italie afin de comprendre l'origine de ces bouts de films, accompagné d’un vieux cinéaste nommé Shakespeare et joué par Nick Nolte. Ils vont donc échouer à Athènes où les derniers survivants cultivent ce qui reste de terre et c’est la projection des films du monde d'avant qui va leur redonner espoir. "

Santiago Amigorena, dans son roman :

Faudra-t-il que l'homme meure pour qu'il mesure la grandeur de ce qu'il a été ? 

Xavier Leherpeur sauve la première partie 

Les trois premiers quarts d’heures sont plutôt intrigants mais il faut à tout prix éviter la fin.

"J'aime bien le début parce qu’il y a ce héros et sa sœur, la dernière femme à être enceinte, et puis le cinéaste tord le cou à ce paradigme de science-fiction apocalyptique très cliché, pour nous amener ailleurs. On se retrouve alors dans un no man's land avec ce vieux monsieur (Nick Nolte) qui va lui apprendre à faire du cinéma avec d'anciennes pellicules. Et moi, je confesse avoir été assez ému par ce passage. Les voir manipuler cette manière vivante du cinéma, bien loin des techniques d’aujourd’hui, j’ai trouvé ça beau. Mais la deuxième partie est une catastrophe. On se demande ce que Charlotte Rampling fait là… Les dialogues sont sentencieux, et c’est de la mise en scène de papi qui ne fait même pas peur."

Michel Ciment trouve le film insupportable

Un film hallucinant de clichés. C’est une catastrophe, l’épidémie inspire mal les récents metteurs en scène. 

"Nossiter a fait un très bon film avec le documentaire Mondovino, après il est devenu viticulteur en Italie et ça s’est gâté… Le film a un casting époustouflant mais c’est embarrassant pour les comédiens. J’ai rarement vu un film aussi raté, c’est cliché laborieux, prétentieux, c’est insupportable."

Eva Bettan est plus indulgente

Image de Last words de J. Nossiter
Image de Last words de J. Nossiter / J Nossiter-Jour2fête

Le film n’est pas totalement réussi mais il y a des choses à sauver.

« Le jeune africain qui dit, face caméra, : "Je suis le dernier survivant sur Terre", cela me terrifie plus qu’une armée de zombie. L’idée d’une fin du monde montrée avec une certaine douceur est assez originale. Le film n’est pas totalement réussi, il y a beaucoup de lourdeur, mais tout n’est pas à jeter. Je rejoins Xavier Leherpeur en ce qui concerne l’émotion née de ce qui a trait au cinéma et à la pellicule.

► Retrouvez les critiques du Masque et la Plume, du 25 octobre réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma.

► Le film est en salle depuis le 21 octobre 2020.

🎧 Réécoutez Charlotte Rampling et Jonathan Nossiter, invités de Léa Salamé

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