04h28. C’est le chiffre du jour. Soit la durée annoncée du film de Steven Soderbergh, « Che ». 04h28 sur la vie de l’Ernest le plus célèbre du monde. C’est peu, c’est beaucoup. Ce soir, en sortant de la projection vers 23 heures, ce sera peut-être trop ou pas assez. En attendant, il faut s’y préparer. Mentalement : Soderbergh, c’est bien le réalisateur du très dispensable « Ocean’s Twelve », n’est-ce pas ? Alors, à ce stade, c’est un peu comme si Fabien Onteniente avait réalisé une bio de Jean Moulin, non ? Pur procès d’intention. Le même Soderbergh a fait beaucoup mieux. Il a même fait une Palme d’Or (que celui qui vient de crier « ça ne prouve rien » se dénonce immédiatement et montez chez le délégué général au premier étage !). Mais il faut aussi compter avec la préparation physique : mille clochettes tintinnabulent dans ma pauvre tête à ce sujet… faut-il ou non faire une sieste avant le film histoire de ne pas perdre une miette de l’interprétation de Benicio Del Toro, pendant le film au motif que piquer une petite ronflette peut se concevoir dans la mesure où on connaît la fin, après le film au risque de louper un cocktail et sa cohorte de Cuba libre réparateurs ? Je vous épargne la question de la petite bouteille d’eau à portée de main durant la projection et bien évidemment de la petite laine au motif que décidément cette année, la climatisation est défaillante. Pas question a contrario d’envisager une collation même légère : je suis d’accord avec la LCR, on ne mange pas durant la Révolution, ou sur le pouce alors. J’ai entendu ce matin à la radio sur France Inter (un pléonasme se cache dans le dernier membre de cette phrase : trouvez-le !) Gilles Jacob. Le film qu’il revoit le plus souvent, c’est « La Règle du jeu ». Moi aussi, je l’ai même dit avant lui sur le site de France Inter ! Gilles et moi avons bon goût.Tout en écrivant, j’écoute le thème principal du film « Violette et François » de Jacques Rouffio, composé par Philippe Sarde. Un film du temps où Isabelle Adjani faisait autre chose dans la vie que de la pub pour des produits de luxe dans la chambre d’un palace parisien. Un film du temps où la nonchalance de Jacques Dutronc n’était pas encore un tic d’acteur. Cette clarinette-là me plonge dans des abysses de mélancolie. Vive la tristesse !Pendant ce temps, l’équipe des Ch’tis se prépare à monter les marches du Palais. « Dérision de nous dérisoire ».

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