Du 20 au 27 août, au cœur du Lot, les 32e rencontres de cinéma de Gindou sont consacrées à Denis Gheerbrant. Histoire d'un festival de passionnés.

Denis Gheerbrant
Denis Gheerbrant © Ahmedoc - Creative Commons

C'est un défi peut-être impensable au départ, mais le Gindou Festival a réussi à s'inscrire dans la durée, et à installer en milieu rural des rencontres de cinéma qui accueillent chaque année quelques 16 000 personnes, alors que Gindou est une commune de 300 habitants.

Au fil des ans, la commune et le festival se sont équipés d'un cinéma de verdure. C'est un équipement unique en Europe, d’une capacité d’accueil de 700 places.

Cinéma de Verdure
Cinéma de Verdure © Gindou cinéma

Chaque année il offre une rétrospective d'un ou d'une cinéaste, un éventail de projection appelé les "vagabondages"  (quelques soient les formats et les styles de films), et  un "Focus sur"  qui donne carte blanche à un festival européen de court métrage.  La cinémathèque de Toulouse et les archives  du CNC font une proposition de 6 films du patrimoine. Cette année ce sera sur le thème du bouc-émissaire (dont La meilleure façon de marcher ou Carrie de Brian de Palma).

Le festival s'est inscrit aussi dans une dynamique de soutien aux auteurs. Trois élèves du lycée Gaston-Monnerville ont tourné «Allez, dégage !», un court-métrage dont le scénario a remporté le concours «Le goût des autres», organisé par Gindou Cinéma. Cette histoire raconte l'arrivée d’un réfugié syrien dans un lycée. Intégration difficile, il est mal supporté par les lycéens qui le harcèlent.  Allez dégage sera projeté le 27 août, mais on verra aussi deux court-métrages, Un candidat idéal, et Le jour où j'ai mangé avec un black, d'après deux scenarii écrits par des jeunes, et réalisés par Mathieu Robin et Daniel Blache.

Denis Gheerbrant à l'honneur

Denis Gheerbrant est l'auteur de films documentaires comme Grands comme le monde, et La république Marseille. Il filme seul, et s'est distingué avec ses oeuvres dans différents festivals. Son dernier film, On a grèvé, est consacré aux femmes de chambres d'un grand groupe hôtelier français. Le festival de Gindou proposera donc une rétrospective de son travail et des rencontres avec le public.

2017, une prorammation toujours aussi ouverte sur le monde  

Sébastien Lasserre, est programmateur du festival aux côtés de Marie Virgo. Il est particulierement fier d'accueillir un auteur peu connu du public mais qui fait référence chez les professionnels :

Nous ouvrirons le festival avec  La vie est immense et pleine de dangers. c'est un film sur les enfants atteints de cancer. Quand on voit ce film on se demande comment Denis Gheerbrant fait pour faire une oeuvre aussi lumineuse avec un sujet si difficile.  Il nous donne cette chance de rester 8 jours avec nous. Le dernier jour, il montrera une copie de travail de son nouveau film.

Ensuite, de quoi sommes-nous  le plus fier ? c'est difficile de répondre. L'important c'est d'avoir de nouvelles têtes chaque année, comme cette réalisatrice nigérienne, Aicha Macky qui nous montrera L'arbre sans fruit.  On programme chaque année des films iraniens, on a eu Asghar Farhadi bien avant bien avant le succès d'Une séparation. Nous montrerons cette année un film Majid Barzegar, Un citoyen très ordinaire, dont de  Jafar Panahi a fait le scénario.  Marc Recha, un réalisateur espagnol catalan, vient avec Un jour parfait pour voler. C'est  un huis-clos à ciel ouvert avec Sergi Lopez. dans l'histoire d'un garçon de 8 ans qui fait du cerf volant avec son père et un autre adulte. Le festival est remarquable par la proximité et la convivialité qui s'instaure entre le public et les réalisateurs. Le public est très mélangé, des gens du coin ou des touristes, pas uniquement des professionnels, au contraire. Pour les réalisateurs, c'est un autre type de contact. Chaque soir , environ 800 personnes fréquentent nos projections.

Les rencontres cinéma de Gindou >> http://www.gindoucinema.org/