Michael Bay
Michael Bay © Kurt Krieger/Corbis

Cette année, le 41e Festival de Deauvillerend une série d'hommages à des réalisateurs et des acteurs parmi lesquelsKeanu Reeves, Orson Welles, Terence Malick, Ian McKellen, Lawrence Bender, Patricia Clarkson, Orlando Bloom . En tête de liste de ces hommages, un nom m'interpelle : Michael Bay. Le papa de la série Transformers , le roi du film d'action bourré de testostérone, le pyrotechnicien d'Hollywood reçoit les honneurs d'un festival autre que celui des Razzie Awards, qui récompense les pires films de l'histoire. Mais que s'est il donc passé ?

Dans les premières scènes, on doit attraper le spectateur par les couilles et les secouer

Michael Bay, Première - août 1998

Jeune garçon prépubère, j'ai découvert en 1996 au cinéma le film The Rock , le deuxième long métrage de Michael Bay. Et j'ai donc testé la méthode suggestive, et néanmoins efficace, du réalisateur. On y voyait Sean Connery et Nicolas Cage prendre d'assaut Alcatraz pour défaire un général de l'armée américaine mutin et preneur d'otages (Ed Harris ), qui dénonçait l'abandon des soldats rentrés au pays après la première guerre du Golfe. Au milieu des explosions, des dialogues efficaces et distingués, de plans en contre plongée au ralenti, le tout sur un rythme effréné… Je n'avais pas vraiment perçu à l'époque le sous-entendu politique du film, préférant la jubilation des poursuites en voiture, des répliques qui tuent et des fusillades. Mais le gouvernement américain, oui, et ce dernier avait refusé de prêter son matériel pour le tournage du film.

Mais Michael Bay n'est pas un réalisateur politisé. Loin de là. Il fait des films pour tout le monde, et les ados en première ligne. Depuis 1995 et son premier film Bad Boys avec Will Smith et Martin Lawrence , il a mis en place des recettes qui cartonnent au box office et a crée un style qui n'appartient qu'à lui. Les scènes sont ultra-découpées voire épileptiques, et il vise toujours l'efficacité, avec une débauche d'effets spéciaux. Michael Bay a fait ses armes dans la pub et les clips vidéos (Aerosmith, Meat Loaf, Tina Turner) . Il est repéré par les producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer (Top Gun ) grâce à un clip réalisé pour le film Jours de Tonnerre de Tony Scott.

L'illumination cinématographique, Michael Bay l'avait eu quelques années auparavant chez Lucas films où il tombe sur le story board de Indiana Jones et l'Arche Perdue . Persuadé que la création de Steven Spielberg ne rendra rien, il doit bien admettre son erreur à la sortie du film. Cette erreur de jugement lui montre la voie à suivre. A partir de là, il n'aura de cesse de réaliser et diriger les acteurs, dans des tournages sous pression et frénétiques. Pourtant, si vous lui posez la question, il aimerait faire un film comme les frères Coen, qu'il admire. Un projet qui est pourtant bien loin de l'univers visuel qu'il a créé.

J'adorerais faire un petit film [...] sans effets spéciaux, sans explosions avec seulement des personnages. Mais un film pareil, ça ne se trouve pas facilement.

Michael Bay, Première - août 1998

Seize films et 50 millions d'entrées en France ne font pas de ces films des succès critiques. Souvent considérés comme racistes et sans intérêt, voire abétissant, les films de Michael Bay ont conquis le monde malgré tout. Et Hollywood compte en dollars plus qu'en lignes de critique de cinéma. Les films de Michael sont des succès populaires et ont rapporté près de six milliards de dollars. Ce qui lui donne une ligne de crédit ouverte à vie en tant que réalisateur comme en tant que producteur.

Un de ses derniers films, No Pain No Gain, avait été diffusé en avant-première du festival de Deauville l'an dernier, préparant le terrain à l'hommage qui suivrait. De son côté, Michael Bay ne s'est jamais caché de n'avoir d'autres prétention que de divertir le public, et le public le lui rend bien. En tant que réalisateur, il prépare le cinquième épisode de la saga Transformers . Son prochain film, 13 hours , sort en janvier prochain et raconte l'histoire vraie de six opérateurs de sécurité, en 2012, qui ont lutté pendant treize heures pour conserver leur position à Benghazi en Libye contre un groupe terroriste.

Si vous passez à Deauville ou que vous restez chez vous, et que vous souhaitez découvrir ou redécouvrir le travail de Michael Bay, loin de certains préjugés, trois sont à ne pas louper : Bad Boys (1995), The Rock (1996) et No Pain No Gain (2013).

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