Retour sur les sorties de "Témoin indésirable" et "Tellement proche" au cinéma

Et si je vous racontais ma journée ? J’en vois déjà qui se tirent en douce en baillant d’avance. Merci à ceux qui sont restés : leur sollicitude me va droit au cœur !Alors voilà, tout a réellement commencé à 11 heures ce matin. Nous avions rendez-vous dans les bureaux d’une société de production située dans le IXe arrondissement de Paris avec un cinéaste helvético-colombien (sic), Juan José Lozano. Le 15 avril prochain sort en France son documentaire intitulé « Témoin indésirable ». Il y fait le portrait au quotidien d’un journaliste de la télévision colombienne lequel s’emploie à dénoncer les ravages de la violence politique qui règne dans son pays. Un saint laïc en quelque sorte dont on apprend qu’il doit acheter à l’unique chaîne de télévision publique colombienne le temps d’antenne qui lui est nécessaire pour présenter son émission de reportage. Dans cette démocratie, il existe en effet deux chaînes privées qui ne voient pas l’intérêt de parler de ce qui fâche et une chaîne publique laquelle n’a que le courage de vendre son temps d’antenne aux producteurs. Surréaliste. Je vous laisse le soin de découvrir vendredi prochain la teneur de cet entretien où il sera notamment question de savoir comment vivre en Suisse et ne s’intéresser qu’à la calamiteuse situation colombienne. Autrement dit, comment assumer une schizophrénie de fait.Vint ensuite le temps de l’unique projection de presse de cette journée pas tout à fait comme les autres : d’habitude, les projections y occupent plus de place. J’ai donc vu « Tellement proches » un film écrit et réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakkache, déjà auteurs notamment de « Nos jours heureux » et qui sortira le 17 juin prochain. Une nouvelle comédie communautariste à la française, un nouveau clone pas très gai, un nouveau film sans scénario ou presque et qui ne compte que sur la vitalité de son casting (mais Vincent Elbaz en papa dépassé mais sympa et en époux sympa mais dépassé, est-ce un signe de vitalité vraiment ? et Jean Benguigui... non, promis, j’arrête) et surtout sur quelques laborieuses répliques-gags. Après les ch’tis, les « blacks » (« La Première étoile"), voici une fois encore (après « Coco » notamment) la communauté juive appelée à la rescousse du rire… Les méchantes langues diront que tout cela est indigent. Je suis une mauvaise langue.Passons donc plutôt au second entretien de la journée. Nous avions cette fois rendez-vous dans un hôtel très chic et cher de la rue Dauphine à Paris pour rencontrer le cinéaste japonais, Hirokaru Kore-eda dont le nouveau film « Still Walking » sortira le 22 avril prochain. Ne me demandez pas pourquoi le distributeur français a décidé de garder à un film 100 % japonais son titre anglais pour sa sortie en France, c’est au-delà de mes capacités. Et puis peu importe, puisque c’est un film passionnant, qui se présente à nous comme le passage au scalpel d’une famille aux prises avec un fantôme du passé et un présent qui se passe mal. Une famille tellement japonaise qu’elle en devient universelle et terriblement proche de nous. Résultat, un entretien éclairant avec un cinéaste qui répond avec précision, justesse et humour aux questions qu’on lui pose, au-delà d’une terrible barrière linguistique. A l’antenne le 17 avril…Et puis longue pause jusqu’à 21 heures pour un entretien de dix minutes chrono avec le déjanté Poelvoorde lors d’une avant-première du film d’Anne Fontaine, « Coco avant Chanel » dont il tient le principal rôle masculin et qui sera en salles le 22 avril. Avant-première sur les Champs-Élysées avec tourbillons d’attaché(e)s de presse et photographes en folie. La grande gueule belge est à la hauteur de sa réputation, mais il est en même temps capable de dire sur le métier d’acteur des choses parfaitement intéressantes ! Les deux faces de Benoît P. à écouter le vendredi 17 avril dans « On aura tout vu ». Rires assurés mais pas seulement.Retour chez soi pour écrire un … post, ce post. Et maintenant , bonne nuit ! Ah oui, j’allais oublier (non, c’est faux), j’espère qu’elles auront su vous intéresser ces arcanes du dur (je plaisante) métier de critique de cinéma !La phrase du jour ?« Un auteur médiocre vaut mieux que dix bons critiques. Les critiques me font penser à des vieilles filles arrogantes et stériles coincées dans une maternité. »Peter Greenaway

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