Signe des temps, avec la nouvelle trilogie Star Wars version Disney les spectateurs peuvent constater que les femmes sont enfin sorties du carcan souvent imaginé par le cinéma grand public pour prendre le pouvoir. Et la sortie de l'épisode VIII, "The Last Jedi", confirme cette tendance.

Daisy Ridley, alias Rey, dans les épisodes 7 et 8 de Star Wars
Daisy Ridley, alias Rey, dans les épisodes 7 et 8 de Star Wars © Lucasfilm Ltd. / Jules Heath

Il n'y pas si longtemps, dans notre galaxie... En 1977 plus précisément, la Guerre des étoiles - Un nouvel espoir, signé George Lucas, mettait en scène un jeune fermier nommé Luke Skywalker qui allait entrer en lutte contre un maléfique Empire Intergalactique dirigé par l'Empereur et son âme damnée Dark Vador. L'appel de l'aventure, une famille décimée et une troupe d'amis constituée autour de lui pour ce combat... la mythologie est en marche. Cerise sur la voie lactée, il y a une princesse en détresse. Et oui, tout s'enclenche avec l'appel à l'aide de la Princesse Leia.

Leia en solo

Car la Princesse Leia Organa est bien la seule femme avec un rôle important qui apparaît dans la première trilogie. Macarons sur la tête et tenue virginale, elle s'oppose avec force et caractère à Dark Vador et ses troupes de la mort, sans trembler. Nous sortons des années 70, et le combat féministe commence à porter ses fruits dans l'esprit des gens. 

Pour les deux épisodes suivants en 80 et 83, elle reste pourtant bien seule et son rôle tend à s'effacer quelque peu : compagne du contrebandier au grand cœur Han Solo, sœur du chevalier qui lutte contre leur père et objet de désir en bikini dans le désert pour une immonde limace. La princesse ne doit quand même pas trop sortir des clous. Aucune autre femme, à part la tante de Luke et l'apparition d'une des chef de la Rébellion nommée Mon Mothma, n'aura de rôle prépondérant. Le New York Magazine avait compilé sur les trois épisodes, les interventions féminines, hors Princesse Leia, pour arriver à ceci :

Tu seras une princesse, ma fille

Quand George Lucas se remet à l'ouvrage en 1999 pour sa deuxième trilogie qui retrace le parcours du jeune Anakin Skywalker avant qu'il ne devienne Dark Vador, le problème se pose à nouveau. Les femmes ne sont pas en surnombre pour les rôles clés : il y a la maman du petit Anakin et celle qui deviendra son amour, la princesse Padmé Amidala. Là encore, dans la mythologie Star Wars, Padmé est une femme de caractère avec du pouvoir. Mais au fil des épisodes, elle se retrouve dans le rôle de la compagne et assiste impuissante à la chute de son chevalier jedi de mari. Le destin de Padmé et de sa fille Leia ferait donc le bonheur de la transgénéaologie.

A chaque fois, les hommes sont à la manoeuvre : soit en tant que maître, soit en tant qu'élève mais toujours comme maîtres de la situation et aucune femme ne vient tâter du sabre laser. Ainsi donc Obi-wan, Yoda, Luke, Chewbacca, Han Solo ou encore Dark Vador se partagent la galaxie. 

Que la force soit avec elles

En 2015, Disney a racheté à George Lucas l'univers de Star Wars entre autre. Et il a payé trés cher cette franchise à celui qui se tenait dans les forces rebelles du cinéma contre les grands studios. Nous avons changé d'époque et ceux qui créent ne sont pas enfermés dans les archétypes de leur père. Les femmes font leur entrée en grande pompe dans la mythologie Star Wars, et c'est peut-être la vraie bonne nouvelle de cette nouvelle trilogie.

Dans l'épisode VII, nous découvrons la jeune Rey. Elle est le personnage principal, l'équivalent de Luke Skywalker. Et elle n'est pas seule : Maz Kanata qui travaille dans la contrebande, la princesse Leïa Organa Solo qui est à la tête de la Nouvelle République avec le titre de Général. 

Les hommes sont un peu à la ramasse derrière, trop foufou de la gâchette, vieillissant, voire absent, ou carrément du côté obscur de la force et dans les rangs du Premier Ordre à cause d'une crise d'adolescence mal gérée. Et puis il faut rentabiliser et vendre Star Wars à tout le monde, même aux petites filles. Hélas, c'est là qu'est l'os, Rey est quand même la grande absente des produits dérivés du marketing et cette erreur sera fortement reprochée à Disney, qui ne manque jamais de se faire tacler sur la gestion de ses personnages féminins. 

Star Wars - Les Derniers Jedi : Photo Carrie Fisher
Star Wars - Les Derniers Jedi : Photo Carrie Fisher / 2017 Lucasfilm Ltd

La tendance se confirme dans Rogue One en 2016, épisode qui se situe entre l'épisode III et l'épisode IV. Là encore, c'est une femme qui est le personnage central de l'histoire Jyn Erso. Et l'épisode VIII ne déroge pas à cette nouvelle règle : le général Leia Organa Solo (qui n’est donc plus une princesse), Rey, le soldat Rose (eh oui), Maz Kanata ou encore le général Holdo pourront inspirer les femmes qui iront voir le film. Et pour être tout à fait juste, même le côté obscur a sa part de féminité dans le personnage du capitaine Phasma et son armure de métal. 

Star Wars Episode VIII - The Last Jedi est sorti sur les écrans ce 13 décembre avec son cortège d'héroïnes et de héros. Et qui sait, dans quelques années, nous entendrons leurs prénoms dans les cours de récréations.

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