Un film de Claude Lanzmann

  1. À Rome, Claude Lanzmann filme Benjamin Murmelstein, le dernier Président du Conseil juif du ghetto de Theresienstadt, seul “doyen des Juifs” à n’avoir pas été tué durant la guerre. Rabbin à Vienne, Murmelstein, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne en 1938, lutta pied à pied avec Eichmann, semaine après semaine, durant sept années, réussissant à faire émigrer 121 000 Juifs et à éviter la liquidation du ghetto.2012. Claude Lanzmann, à 87 ans, sans rien masquer du passage du temps sur les hommes, mais montrant la permanence incroyable des lieux, exhume et met en scène ces entretiens de Rome, en revenant à Theresienstadt, la ville "donnée aux Juifs par Hitler", "ghetto modèle", ghetto mensonge élu par Adolf Eichmann pour leurrer le monde. On découvre la personnalité extraordinaire de Benjamin Murmelstein : doué d’une intelligence fascinante et d’un courage certain, d’une mémoire sans pareille, formidable conteur ironique, sardonique et vrai.À travers ces trois époques, de Nisko à Theresienstadt et de Vienne à Rome, le film éclaire comme jamais auparavant la genèse de la solution finale, démasque le vrai visage d’Eichmann et dévoile sans fard les contradictions sauvages desConseils juifs. selon la terminologie nazie

"Le rabbin Benjamin Murmelstein fut le dernier Président du Judenrat (Conseil juif) de Theresienstadt. Je l’ai filmé pendant toute une semaine, à Rome en 1975. Le cas de Theresienstadt était à mes yeux capital, à la fois latéral et central dans la genèse et le déroulement de la solution finale. Ces longues heures d’interview, riches de révélations de première main, n’ont jamais cessé de m’habiter et de me hanter.Je me savais dépositaire de quelque chose d’unique, mais je reculais devant les difficultés de la construction d’un pareil film. Il m’a fallu longtemps pour me rendre à l’évidence que je n’avais pas le droit de garder cela pour moi seul."

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