C’est presque une tradition : les films d’ouverture et de clôture du Festival ne restent guère dans les mémoires. Mieux vaudrait en tout cas ne pas se souvenir que le remake de « Fanfan la Tulipe » avec Vincent Pérez dans le rôle-titre inaugura une année les festivités. Même chose pour un catastrophique « biopic » consacré au musicien Cole Porter. Et l’on pourrait multiplier les exemples, hélas, le film d’ouverture de l’an passé, « Blindness » méritant, lui, une palme de plomb. La première raison de cette constante est simple : si les films d’ouverture et de clôture étaient des chefs d’œuvre, pourquoi ne pas les insérer dans la compétition ? C’est de fait une remarque de bon sens. Mais peut-être les auteurs de ces films n’ont tout simplement pas envie (comme Woodie Allen) par exemple de concourir. Cette explication n’est guère convaincante. Foin de billevesées ! La raison de tout cela est assez simple : l’argent. Il appartient en effet au distributeur du film choisi pour ouvrir le Festival de payer la petite sauterie qui s’ensuit. Budget ? Chut ! Mais, avec un tel ticket d’entrée, la sélection se fait naturellement : peu de chance ce soir-là de voir un film de Luc Moullet. En revanche une grosse production de prestige, par exemple.Ce long développement introductif pour vous dire que je sors de la projection du film « Coco Chanel & Igor Stravinsky » qui fermera les portes de cette édition 2009. Signé par Jan Kounen, ce double biopic pour le prix d’un (Coco + Igor ) commenced exactement là où nous avoans laissé Coco Tautou morte de chagrin à la suite du décès accidentel de son bel amant. C’est donc Igor qui se charge de consoler Coco Mouglalis cette fois (à titre personnel, je la préfère à Coco Tautou clone triste de la vraie là où Anna y met une flamme impériale). On imagine que la rencontre sera explosive. Car, oui, à un moment donné du film le choc des Titans aura bien lieu : Igor disant à Coco que dessiner une robe ce n’est que de la couture, alors qu’écrire un opéra, c’est … une autre paire de manches (pardon..). Dire que Kounen est à l’aise dans cette bio formatée pourrait prêter à rire. On le sent présent à quelques moments plus chamaniques que d’autres, mais décidément ce « Coco pendant Igor » ne semble guère l’avoir inspiré. Le film est alors glaçant, glaciaire et morne. Rappelons que son objet est l’histoire d’une passion amoureuse entre deux êtres d’exception. On est donc rassurés : le film de clôture de 2009 ne déroge pas à la règle édictée plus haut. Ouf !...Et c’est ainsi qu’Audiard est grand.La phrase de la nuit ?« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire »Apollinaire, « Alcools »

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