Rupert Everett réalise avec "The Happy Prince" son premier film, il y raconte les dernières années d'Oscar Wilde, condamné par la société victorienne pour son homosexualité. Un film qui, aussi, dresse l'autoportrait du réalisateur en filigrane... Qu'en ont pensé les critiques du "Masque" ?

Rupert Everett dans le rôle d'Oscar Wilde dans "The Happy Prince" - sortie en salles le 19 décembre 2018
Rupert Everett dans le rôle d'Oscar Wilde dans "The Happy Prince" - sortie en salles le 19 décembre 2018 © Wilhelm Moser

Le film résumé par Jérôme Garcin

The Happy Prince raconte les dernières années d'Oscar Wilde, condamné pour son homosexualité à deux ans de travaux forcés. Il s’installe ensuite à Paris, voyage en Italie avec son amant Lord Douglas, dit Bosie (Colin Morgan), et meurt misérablement dans une chambre d’hôtel de la rue des beaux-arts, à Paris, en 1900, quand naît le cinéma... 

Michel Ciment a vu beaucoup de qualités dans ce premier film

MC : Les films de comédiens sont toujours intéressants : ou bien c'est d'un narcissisme absolu, ou au contraire, quand on arrive à 60 ans et qu'on décide de passer derrière la caméra pour faire un film, c'est qu'il doit y avoir une conviction profonde. 

JG : C'est la cause de toute sa vie, Wilde comme le sujet... 

MC : C'est le contraire de L'Empereur de Paris : je trouve que le personnage sort formidablement de tout ce film. On est dans l'intimité d'Oscar Wilde. C'est un film sur le milieu homosexuel qui ni trash ni précieux

C'est un film d'une grande sensibilité, les comédiens sont tous très bons. Le film a beaucoup de qualités. 

Danièle Heymann a été émue par cette autobiographie cachée

On a, dans le souvenir, un ravissant garçon qui était Rupert Everett et qui a eu une carrière empêchée parce qu'il a dit qu'il était gay et ça n'a pas facilité sa carrière. Il a fait des propositions, il voulait tourner un James Bond gay... 

Dans le personnage d'Oscar Wilde, il a une sorte d'empathie totale. Sur les prothèses, le maquillage, la décomposition de l'homme, c'est un peu trop. Il y a une telle sincérité, une sorte d'autobiographie cachée là-dedans qui, elle, est émouvante.

Eric Neuhoff : "C'est le film de sa vie et le rôle de sa vie" 

Le film est très intéressant avec quelque chose de pourri, de vénéneux, de sale, d'énervé. On voit bien que Rupert Everett se roule dans son personnage comme un cochon dans sa bauge. Il y a quelque chose de malsain qui lui plait. C'est très troublant. 

Il a mis dix ans à pouvoir monter son film et ça se sent.

Je pense que ça ne va pas marcher, mais c'est un film très bien fichu, nécessaire pour lui, pas indispensable pour nous mais quand même utile.

Jean-Marc Lalanne a trouvé le film "très touchant"

Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit, même les défauts du film. Notamment que pour le coup ce n'est pas un très grand dandy de la mise en scène (qui est un peu plate, parfois moche) mais malgré tout ça donne ce caractère de mauvais goût qui finit par servir le sujet. 

Lui est vraiment génial. Cette idée d'autoportrait à travers une figure aussi énorme qu'Oscar Wilde, c'est vraiment son objet et il y a quelque chose de très palpitant et vibrant dans ce qu'il a fait.

Aller plus loin

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos du film sur le plateau du Masque et la Plume... 

4 min

"The Happy Prince" de Rupert Everett : les critiques du Masque et la Plume

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

À noter que d'autres critiques de films du Masque et la Plume sont à retrouver ici !

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.