Un film de Benoit Jacquotavec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Clotilde Mollet, Hervé Pierre et Vincent LacosteDébut du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

Benoit Jacquot retrouve Léa Seydoux avec qui il avait tourné Les adieux à la reine. "Je lui ai confié le film" dit-il, et Vincent Lindon avec lequel il a déjà travaillé à trois reprises. "Vincent est doué d'une immédiateté, d'une animalité, paradoxalement assez raffinée, qui convenaient parfaitement à l'attraction qu'exerce Joseph sur Célestine"

Ce film me donnait aussi l'occasion de suivre à nouveau un personnage féminin du premier au dernier plan comme je l'ai fait souvent

Léa Seydoux est Célestine "C’est une fille pragmatique, en permanence dans la survie. Elle ne se laisse pas abattre. Célestine n’est pas dans la victimisation, elle a un certain orgueil et même un certain snobisme. De la culture aussi. Elle sait voir au travers des apparences, déceler la petitesse et les ridicules des gens qui l’entourent, mais n’est pas meilleure que les autres. Ce n’est pas la gentille et les méchants. Je voulais que Célestine ait de la tenue. J’essaie toujours de trouver une posture particulière à mes personnages. Une fois celle-ci déterminée, j’ai le sentiment d’en posséder les clés. Dans ses robes, très corsetées, Célestine se tient droite. Je me suis aussi servie des doutes que j’éprouvais alors. C’était une période où j’avais perdu confiance en moi et en mes capacités d’actrice. J’ai beaucoup travaillé. Avec Benoit, on peut dire que j’ai retrouvé le plaisir de jouer. "Célestine s’exprime dans une langue qui n’est plus la nôtre, habite des vêtements d’un autre siècle mais Léa Seydoux la rend très contemporaine. "Je la voulais vivante, naturelle. Ses mots et ses atours ne sont pas ceux d’aujourd’hui. Mais elle parle et bouge comme nous le faisons. C’est tout l’enjeu d’un film qui se situe dans une autre époque : ne pas rester figée dans l’illustration, en respecter les codes tout en leur insufflant une énergie actuelle, une vraie modernité. La combativité de Célestine m’y aidait : elle résonne avec la période que nous vivons. "

Vincent Lindon et Léa Seydoux
Vincent Lindon et Léa Seydoux ©

Le coin du cinéphile

Le roman d'Octave Mirbeau a déjà été adapté trois fois au cinéma. Par Jean renoir en 1948, par Luis Bunuel en 1964.Selon Benoit Jacquot : "Leur point commun est d’être tiré du livre de Mirbeau. À part ça, ils sont si différents qu’il est difficile de les comparer. Ce n’était donc pas insensé d’en proposer un troisième. C’est du moins l’argument que je me suis donné."Et il existait déjà une version russe réalisée en 1916 par un certain M. Martov sous le nom russe Dnevnik gornitchnoi !!!

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