Jérôme garcin
Jérôme garcin © Radio France / Christophe Abramowitz

60 ans ! Ça fait de l'émission Le Masque et la Plume la doyenne des émissions de radio. France Inter vous propose de vivre ça à travers plusieurs rendez-vous : Une émission spéciale, dimanche 22 novembre, 2h de Masque ! Et vendredi 20 novembre l'esprit du Masque sera décliné dans Un jour en France et Vous avez dit classique , et Jean Lebrun proposera un portrait de Jean-Louis Bory dans La Marche de l'Histoire

Mais avant cela, remontons le temps et terminons l'histoire.

Deux ans après sa création, le Masque passe d'un rythme mensuel à un rendez-vous hebdomadaire. Et si les attractions (chansons et pièces courtes) disparaissent, ce qui constitue l'ADN de l'émission reste : une tribune de critiques face à un public pour débattre de l'actualité artistique, en l'occurrence jusque-là, la littérature et le théâtre. Mais cette rentrée 57 va apporter une nouveauté : le cinéma.Le 15 octobre 1957 , c'est avec un plaisir non dissimulé que Michel Polac annonce cette première et que François-Régis Bastide anime le débat. Écoutez les premières minutes de cette émission.

> Retrouvez l'intégralité de cette émission dans le fil de podcast "spécial 60 ans" Autour de la table pour parler des films à l'affiche, de fins cinéphiles tels Claude Mauriac ,Georges Sadoul , Jacques Doniol-Valcroze et même brièvement François Truffaut . Sans oublier Georges Charensol . Le rédacteur en chef des Nouvelles littéraires, président de l'Association française de la critique cinéma et fondateur du Prix Renaudot, loin de s'enflammer pour la Nouvelle Vague, défend son cinéma, ses cinéastes et est souvent en contradiction avec ses confrères.En 1961, ce "vieux grigou" de Charensol voit débarquer un "jeune chien fou" , professeur de français, écrivain, Goncourt 1945,Jean-Louis Bory .

Georges Charensol et Jean-Louis Bory
Georges Charensol et Jean-Louis Bory © Radio France

Leur duo/duel a fait les beaux jours du Masque, comme le confirment Michel Polac et François-Régis Bastide lors de l'émission du 40ème anniversaire :

Le plus simple étant de les écouter, voici quelques échanges inoubliables.

1969 - Le cerveau de Gérard Oury avec David Niven, Jean-Paul Belmondo, Bourvil est sur les écrans. Et c'est peu dire que Bory n'a pas aimé...

1976 - L'empire des sens de Nagisa Oshima. Érotique ou porno ? La question ne sera pas tranchée

1977 - La guerre des étoiles de George Lucas

> Retrouvez d'autres extraits dans le fil de podcast "spécial 60 ans"

Jérôme Garcin voyait très régulièrement Georges Charensol après qu'il ait quitté le Masque. Voilà ce que le critique a confié à Jérôme lorsque ce dernier a repris la présentation de l'émission.

Maintenant, je vais te raconter comment Le Masque est devenu Le Masque. C’était du temps de François-Régis [Bastide]. Je peux te dire qu’on s’emmerdait ferme à la tribune. Les débats étaient très sages, trop solennels. Jamais une blague, jamais un rire. La plupart des critiques étaient des gars serrés-de-la-fesse, tu vois le genre. Et prétentieux, je te dis pas. Jean-Louis et moi, au contraire, on ne se prenait pas au sérieux. Je refusais d’ailleurs qu’on me classe parmi les critiques, je préférais dire que j’étais journaliste. Alors, un soir, avec Jean-Louis, dans la régie du studio 104, on a décidé d’un commun accord de reprendre les choses en main. Désormais, tous les deux, et même s’il n’y avait pas matière à dissension, même si nous aimions d’une même passion Bresson, Rohmer et Truffaut, eh bien on s’engueulerait, on s’enverrait des noms d’oiseaux, on mettrait – pardonne-moi le mot – le bordel, et cela dans un seul but : réveiller le public, le faire rire, crier, applaudir, huer. Et ça a marché bien au-delà de nos espérances. Les gens venaient assister aux enregistrements comme on va au cabaret. On s’y disputait les premiers fauteuils. Et le cinéma à propos duquel on s’écharpait, Jean-Louis et moi, est vraiment devenu un art vivant ! Voilà ce que je tenais à te dire. N’oublie jamais que Le Masque, c’est d’abord du spectacle et que l’animateur est aussi un metteur en scène. Compte sur moi pour t’écouter et veiller au grain !

Georges Charensol, extrait de "nos dimanches soirs" de Jérôme Garcin (Grasset)

Jérôme n'a pas oublié !Les engueulades et autres chamailleries ne sont pas restées l'apanage de ce mythique duo. La complicité et les joutes verbales font toujours le succès de l'émission et le bonheur de ses auditeurs.Ainsi, écoutez Odile Grand tenter, sous les railleries de ses camarades, en l'occurence Gérard Lefort et Jacques Siclier , de défendre le film de Randa Haines, Les enfants du silence , en 1987.

Quant à Titanic, il coule, ça ce n'est pas une surprise, mais là, ce n'est pas un iceberg qu'il croise sur sa route mais Philippe Collin . Autour de la table ce jour là également, Thierry Jousse et Danièle Heymann

►►► POUR ALLER + LOIN |

Nos dimanches soirs
Nos dimanches soirs © Radio France

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