Les critiques du Masque et la plume, Danièle Heymann (Marianne), Pierre Murat (Télérama), Xavier Leherpeur (Studio-Cinélive), réunis autour de Jérôme Garcin conseillent cette semaine de n'assister qu'à la dernière partie du film de Robert Zemeckis. L'histoire de la traversée en funambule sur un fil reliant les deux tours du World Trade Center. Un exploit du français Philippe Petit réalisé en 1974.

La présentation du film par Jérôme Garcin

The Walk
The Walk © Radio France
> _The Walk_ , c’est le long biopic de 2 heures en 3D que consacre le réalisateur Robert Zemeckis sur le « grand » Philippe Petit avec Joseph Gordon-Levitt, qui essaye de parler anglais avec l’accent parisien dans le rôle du funambule français, qui entre dans la légende en 1974**, parce qu’il a marché à 80 m au-dessus du sol sur un câble tendu entre les deux tours du World Trade Center.** Une opération menée aussi méthodiquement qu’un casse de braqueur par un Philippe Petit qui avait alors 24 ans. Un exploit qui constitue après un très très long préambule biographique de ce qui constitue l’épilogue de ce film, très « classique sport », auquel manque… un peu de tension, même si je reconnais qu**’avec la 3D, on a à un moment un peu le vertige.** ### Alain Riou > Mais il n’a pas cherché le vertige. Je trouve le film bien. Je trouve bien aussi que les Américains fassent un film sur un exploit français. Ce n’est quand même pas tous les jours ! On dirait Jérôme, que tu traverses quotidiennement, le World Trade Center. Il y a quelque chose de très naïf dedans. Ça m’a fait penser à l’évasion de Fabrice de la Tour Farnèse (Dans _La chartreuse de Parme_ de Stendhal). Dans la salle, quelque chose m’a frappé. Les spectateurs commencent**à être très habitués à la 3D. Donc, ils ne mouftent pas devant des exploits extraordinaires, mais quand une pluie s’abat dans le film, ils tentent de se protéger la tête.** ### Xavier Leherpeur > J’ai marché à fond dans la dernière partie. Mais partons du début parce qu’il y a quand même trois quarts d’heure qui confinent au ridicule le plus absolu. La reconstitution de la biographie de Philippe Petit ! Là, c’est pathétique. Je n’ai jamais vu de reconstitution de la vie parisienne pareille. À côté Irma la douce, d’il y a 50 c’est un documentaire ! C’est consternant de décor de faux pittoresque. À un moment, on a Charlotte Le Bon, qui est sa muse. Philippe Petit est un Français qui s’essaye à l’anglais pour réaliser son exploit. Donc Charlotte Le Bon lui propose de parler en anglais… Donc deux Français qui parlent anglais dans cette espèce de reconstitution poussièreuse, vétuste, poussive,... c’est une catastrophe ! Puis, ils arrivent à New York et en effet cela ressemble à un braquage. Il y a des choses impressionnantes : ils sont obligés de passer par les sous-sols, de fomenter des plans, et là subitement, il se passe quelque chose.**Et après, je me suis couvert de ridicule, parce que j’ai marché au 1er degré au relief de la 3D. Donc j’ai hyper ventilé la dernière demi-heure. J’ai fait malaise vagal sur malaise vagal. Je ne regardais plus, je voulais aller aux toilettes. Et quand il repart pour la troisième fois, je crois qu’on m’a entendu hurler : « Mais arrête, mais arrête, mais reste sur ton toit ! » Je n’en pouvais plus ! J’ai marché à mort.** Il faut reconnaître un certain savoir faire à Zemeckis : le film n’est pas grandiose, mais l’utilisation de la 3D, et de la grammaire cinematograhique de la plongée, contre plongée fonctionne très efficace. J’étais sur le film, tout seul et je sentais le vent, je voulais tomber comme tous les gens qui ont le vertige. ### Danièle Heymann > Je conseille aux spectateurs de bien vérifier l’horaire des séances et d’arriver pour les 40 dernières minutes, parce que le début est consternant.**Mais je dois dire que de voir les tours jumelles, certes reconstituées sur fond vert, ça m’a émue.** Ce m’a fait un effet très curieux et très beau. Et puis la réalisation de la traversée en 3D de ce fou furieux, qui traverse à nouveau avec ses petites chaussures de danseur qui glissent sur ce fil… Bref, les 40 dernières minutes, ça vaut le coup ! ### Pierre Murat > Je l’ai vu en 2D, mais j’avais déjà le vertige. Oui, les 40 dernières minutes sont bien parce qu’on y retrouve tous les ingrédients du vieux cinéma hollywoodien : le flic endormi, donc les protagonistes ne peuvent pas bouger, ou le spectateur qui arrive, et l’on imagine faire une action mais qui s’en va. On a déjà vu ça. Tous les films qui parlent d’hold-up sont fondés là-dessus, sur les même excellentes recettes qui fonctionnent. **Mais les 50 premières minutes, c’est une horreur !** Moi j’aime beaucoup Joseph Gordon-Levitt, c’est un très bon comédien, mais là, c’est lui le narrateur, il parle anglais avec un accent de Maurice Chevalier, mais qu’il oublie de temps à autre au cours des prises. ### Ecoutez l'extrait de l'émission consacré à The Walk
### [►►► Écoutez l’émission en intégralité ](http://www.franceinter.fr/emission-le-masque-et-la-plume-les-films-a-laffiche-3) ### Voir la bande annonce :
### Les autres films - _Le Fils de Saul,_ de Laszlo Nemes. - _The Lobster,_ de Yorgos Lanthimos. - _Le Caravage,_ d'Alain Cavalier. - _Lolo,_ de Julie Delpy - _En mai, fais ce qu’il te plaît,_ de Christian Carion. ### [Et aussi : Le Masque a 60 ans : à vos souvenirs ! ](http://www.franceinter.fr/evenement-le-masque-a-60-ans-a-vos-souvenirs) ### Prochain enregistrement le jeudi 19 novembre pour fêter les 60 ans du Masque et la Plume ### Quelques critiques récentes du masque : - [Le Masque à l'unisson pour _Marguerite_ ](http://www.franceinter.fr/depeche-le-masque-a-l-unisson-pour-marguerite) - [Le film à ne pas voir : _Premiers crus_ de Jérôme Le Maire](http://www.franceinter.fr/depeche-le-film-a-ne-pas-voir-premiers-crus-de-jerome-le-maire) - [Quand _Sicario_ fait sortir Le Masque de ses gonds](http://www.franceinter.fr/depeche-quand-sicario-fait-sortir-le-masque-de-ses-gonds)__ ### Aller + loin : [Sur le fil avec Robert Zemeckis, une édition de l'émission Boomerang d'Augustin Trapenard avec Robert Zemeckis](http://www.franceinter.fr/emission-boomerang-sur-le-fil-avec-robert-zemeckis)
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.