C'est tout Cannes ça : on s'est réveilé ce matin avec en guise de petit-déjeuner une histoire de types qui se transforment en chiens et qu'on poursuit avec un pieu... Vade retro donc comme semble l'indiquer l'exceptionnelle scène initiale de BORGMAN, soit trois types à première vue inoffensifs qui se font déloger de leur tanière sous-terraine par un prêtre et ses deux acolytes lourdement armés et prêts à en découdre. Point n'est besoin d'en raconter plus, si ce n'est qu'on ne tarde pas à retrouver ces trois-là prenant littéralement possession d'une famille bourgeoise confortablement installée dans une grande maison contemporaine à la lisière de la forêt. Oui, les mânes de FUNNY GAMES hantent le film sans pour autant s'y résumer tant Van Warmerdam avance ses propre pions. D'autres références cinématographiques viennent alors à l'esprit, surtout quand des cadavres se retrouvent à flotter entre deux eaux comme dans LA NUIT DU CHASSEUR. Tout ici est étrange, décalé; incertain. Et l'alchimie fonctionne à merveille tant le cinéaste joue des genres, des codes et plus encore d'une esthétique faussement glacée. On ne manque pas de "cinéma" à Cannes cette année. Ce BORGMAN avec son charme envoûtant de comptine horrifique apporte sa contribution hollandaise et savoureuse à force de distance et de maîtrise visuelles assumées.

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