« Les gens vont au cinéma comme ils vont à la pharmacie. Pour se soigner et se consoler. Voilà pourquoi « Les Choristes » ou « Le Petit Nicolas » ont du succès. C’est l’inverse de ce que propose Nicolas Hulot. » Reprise cette semaine par nos confrères du « Film français », cette forte maxime du producteur Eric Altmayer a été initialement publiée dans « Le Monde » en date du 27 novembre dernier. Précisons que « Le Syndrome du Titanic » est un échec abyssal dont on se gardera par pure charité de citer les chiffres de fréquentation. Mais, on comprend son producteur et son amertume est assurément à l’aune des sommes investies. Et pourtant Hulot + Ecologie + Catastrophisme, c’était bon sur le papier et sur le scénario, non ? Seulement voilà, « les gens » n’en font qu’à leur tête en ce moment et c’est bien regrettable. Ils ne vont pas voir les films sérieux de Monsieur Altmayer, ces films qui les feraient un peu réfléchir, ce qui de temps en temps ne leur feraient pas de mal aux gens…Ayant dit ici même tout le mal que je pense et des « Chosristes » et du « Petit Nicolas », je suis totalement à l’aise pour trouver que Monsieur Altmayer pouche toutefois son bouchon un peu loin. Car, voyez-vous, parmi ses récentes productions, on aperçoit nombre de films tristes et sombres qui risquent de ne pas plaire aux gens pour cette raison. Il est en effet le producteur des deux « OSS 117 » et des deux « Jet Set », sans oublier les alarmistes « Une semaine sur deux » et le dangereux pour le moral des troupes « Les Chevaliers du ciel ». Et puis, pourquoi ne pas le dire, c’est toujours lui qui a produit « La Possibilité d’une île » de Michel Houellebecq lequel film boxe dans la même catégorie que Bernard-Henri Lévy côté cinéma d’auteur… Mais « les gens » sont allés voir en masse et les OSS et les « Jet Set », non ? L’argent des gens ainsi récolté a servi à financer le film de Hulot, non ? c’est bien ça un producteur ? Ou du moins, ce peut-être ça : quelqu’un qui produit du très commercial pour se payer quelques danseuses plus belles mais plus confidentielles souvent. Partant de là, il ne faut guère se plaindre des revers de fortune. Tels sont les risques du métier. A condition de ne pas découvrir que le divertissement fera toujours plus d’entrées qu’un documentaire qui se veut choc. « Les gens », il les connaît bien Eric Altmayer. C’est pour cette raison qu’il est capable de financer des pochades, modernes versions de « Mon curé chez les riches ». Un producteur peut tout produire. Encore faut-il qu'il l’assume et qu'il n'aille pas chercher des poux dans la tête des "gens" dès lors qu'ils n'ont pas toujours le comportement souhaité…Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Ma main dans le feuTout ce que l’on veutTant que m’est amour musique »Aragon, « Le Voyage de Hollande »

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