Rencontre ce matin dans le cadre feutré du salon-restaurant du cinéma Le Panthéon à Paris avec un acteur pas comme les autres. Un certain Eric Cantona. Autant le dire d’entrée de jeu, j’ai ce nouveau point de divergence avec François Bégaudeau : moi, le football ne me provoque aucune montée d’adrénaline. Je reste parfaitement hermétique à ce sport. Fermez la confession. Alors rencontrer Cantona… Détrompez-vous. J’ai d’abord hautement apprécié le film de Ken Loach, « Looking for Eric » dans lequel il joue à peu près son propre rôle (voir un post précédent d’après projection). Ensuite, je mesure à sa juste valeur ce que représente Cantona. Une figure mythique vivante ET sympathique. Un être attachant et abordable, comme ce fut le cas au cours de cet entretien d’une vingtaine de minutes. Il transpire des propos mais aussi de l’attitude physique de cet athlète un hédonisme radical et bienveillant. Il n’impose rien mais vous dit tranquillement que désormais sa morale est faite : on doit, il faut, ce sont des expressions qu’il ne veut plus employer. On doit, il faut : l’assurance selon Cantona de ne rien faire comme … on le doit ou comme il faut. Petite sagesse du matin dite entre deux sourires, deux hésitations et un rire franc. Et puis c’est bien d’avoir face à soi un acteur qui vous dit que la montée des marches cannoises ne l’effraie pas et que c’est même du nanan à côté de n’importe quel grand stade avant un match de foot. On le croit aisément. On y pensera le soir où l’équipe du film de Ken Loach les montera ses marches. Cantona sera là et ailleurs. Avec peut-être Rachida B. à ses côtés (ils font la une de « Paris Match » insolents de bonheur, alors on peut en parler, hein ?!), mais aussi la tête dans ses nuages. Là et ailleurs assurément.Aux côtés de quelques autres à jamais précieux, comme celui de Depardieu par exemple, j’ajoute désormais le sourire de Cantona à ma galerie personnelle de ces lèvres qui disent le bonheur, la vie, la plénitude, la bienveillance et autres vertus qui, parce qu’elles savent que l’histoire est tragique, donnent du prix à chaque instant.La phrase du jour ?« Rêvons acceptons de rêver c’est le poème du jour qui commence. »Robert Desnos, « Le désespoir du soleil »

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