Tout au long de sa carrière, longue d'un demi-siècle, Jean-Paul Belmondo a accordé des interviews aux journalistes, se livrant tantôt sur ses rôles, tantôt sur sa vie privée, ses amis ou sa vision de la société. Retour sur la vie de ce monstre du cinéma, en dix citations cultes.

Dans le film l'As des as en 1982
Dans le film l'As des as en 1982 © AFP / CERITO FILMS / GAUMONT / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP

Jean-Paul Belmondo est décédé à l'âge de 88 ans, laissant un vide immense dans le cinéma français. "Mythe", "héros populaire", "trésor national", "monument" : les réactions affluent de toutes parts pour rendre hommage à l'un des enfants fétiches du cinéma français. Lui aussi, s'est souvent confié aux journalistes sur sa vision du cinéma et de la vie, dont il aimait profiter au jour le jour. Retour en 10 phrases, sur la carrière de cette "gueule", inoubliable. 

"Très jeune je pensais au théâtre, j’ai jamais pensé au cinéma"

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Dans une interview à TV5 Monde tournée en 2001, Jean-Paul Belmondo revient sur son premier amour, le théâtre. “Quand j’ai eu envie de faire l’acteur, ça m’a pris très jeunes, je pensais au théâtre. Je n'ai jamais pensé au cinéma. D'ailleurs, avec mes copains Marielle, Rochefort, Vernier, Beaune ou Fabian, on pensait tous au théâtre. _Notre rêve, c’était d’entrer à la Comédie Française_, de devenir des sociétaires, de jouer des beaux classiques. Le cinéma était une chose à part. Le cinéma est arrivé par hasard dans ma vie. J’ai joué pendant près de dix ans au théâtre".

"Godard m’accorde une formidable impunité à être moi-même"

Dans son livre autobiographique “Mille vies valent mieux qu’une”, publié en 2016, Belmondo revient à de nombreuses reprises sur sa relation avec Jean-Luc Godard: “Godard est en train de m’accorder une formidable impunité à être moi-même"

Je détiens les pleins pouvoirs sur mon être, l’authentique, celui qu’une caméra peut saisir sans emprisonner", poursuit l'acteur." Il fait référence au film "A bout de souffle", où Jean-Luc Godard lui laisse une liberté totale, ce dont il s'empare. On le voit par exemple injurier les spectateurs, avec cette réplique culte : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez-vous faire foutre ! » 

Jean-Luc Godard et Jean-Paul Belmondo, sur le tournage de Pierrot le Fou en 1965.
Jean-Luc Godard et Jean-Paul Belmondo, sur le tournage de Pierrot le Fou en 1965. © AFP / Collection Christophel / © Films Georges de Beauregard / Rome Paris Films / Soci

"Pour lui, rien n’est jamais écrit, les actions doivent naître dans l’instant et les personnages demeurer aussi flottants, aussi complexes, aussi peu caractérisables que dans la vraie vie”, écrira Belmondo sur le réalisateur qui l'a lancé.

"Il voulait me sentir, me renifler. C’était une oreille, une éponge, Audiard"

Jean-Paul Belmondo rencontre Michel Audiard sur le tournage d'"Un Singe en Hiver", d'Henri Verneuil, en 1962. Audiard écrit les dialogues du scénario, et avant même de se mettre au travail, il veut cerner le jeune acteur de 29 ans. "Il voulait me sentir, me renifler. C’était une oreille, une éponge, Audiard, il vous écoutait, il saisissait votre ton pour le restituer dans les dialogues. On parlait de sport, de cyclisme. J’étais pour Poulidor, pas pour Anquetil, on évoquait le 14e arrondissement, où on avait tous les deux grandi. », racontait Jean-Paul Belmondo au journal Le Monde

Michel Audiard, Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo sur le tournage d'"Un Singe en Hiver", en 1962.
Michel Audiard, Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo sur le tournage d'"Un Singe en Hiver", en 1962. © AFP / Collection Christophel © Cite Films cite films / Collection ChristopheL via AFP

"Un Singe en Hiver" marque la rencontre entre Belmondo et Jean Gabin, d'abord "glaciale". Mais la relation devient confraternelle entre les deux acteurs, grâce notamment à une réplique devenue culte écrite par Michel Audiard, Jean Gabin à Belmondo: "Môme, t'es mes 20 ans !"

"J'aimerais que ça dure le plus longtemps possible"

C'est la réponse qu'il fait, en 1965 à un journaliste qui l'interroge sur "le cinéma d'une part, la famille de l'autre", sur le tournage de "Pierrot le fou", de Jean-Luc Godard. Le trentenaire poursuit : "C'est très agréable. On ne sait jamais ce qu'il se passera dans la vie, mais je souhaite que ça dure."

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La suite ne lui donnera raison que sur un point. Révélé cinq ans plus tôt dans le drame "A bout de souffle", il est à l'aube de l'une des plus longues carrières du cinéma français. Coté famille, ça ne "dure" pas autant. Il divorce l'année suivante de sa première compagne, la danseuse Élodie Constant, avec qui il a trois enfants. Il aura en tout six relations connues, avec des actrices et chanteuses. 

"Je n'ai jamais compris pourquoi on m'a tant reproché mes cascades"

"Si je les faisais, c'était parce que ça m'amusait !", a-t-il confié à Première en 1992. "Si je me pendais sous des hélicoptères, c'est parce que je n'ai pas le vertige. Le cinéma m'a donné l'occasion de faire des choses que je n'aurais jamais faites." Il est notamment connu pour ses cascades dans "L'homme de Rio", en 1963. 

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"J’irai voter. Contre Marine Le Pen"

On est en 2016. Dans une interview au Journal du Dimanche, Jean-Paul Belmondo donne son avis sur la société française, ce qu'il fait rarement. “Je suis perplexe. Je ne sais pas pour qui voter. Je pense qu’il faudrait un homme neuf, nouveau. Franchement, personne ne m’inspire parmi les candidats. Mais j’irai voter, je l’ai toujours fait. Contre Marine Le Pen et contre tous les extrémismes.

Jean-Paul Belmondo feuillette une biographie, revenant sur 40 ans de carrière, en 1996
Jean-Paul Belmondo feuillette une biographie, revenant sur 40 ans de carrière, en 1996 © AFP / VINCENT AMALVY

"Alain, son amitié m’est précieuse"

"Alain [Delon] et moi on se connaît depuis plus de soixante ans, et _son amitié m’est précieuse_, a déclaré en 2020 Jean-Paul Belmondo à propos d'Alain Delon, l'autre monstre du cinéma français. Son alter ego l'avait appelé pour son 87ème anniversaire, le 9 avril.

Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, le 14 septembre 2010 à Boulogne-Billancourt.
Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, le 14 septembre 2010 à Boulogne-Billancourt. © AFP / PATRICK KOVARIK

Ils ont commencé ensemble dans le film de Marc Allégret "Sois belle et tais-toi", en 1958. Mais leur duo mythique est consacré dans "Borsalino" de Jacques Deray, en 1970. Malgré une bisbille de plusieurs années entre les deux hommes concernant l'affiche de ce film, leur amitié profonde n'en est durablement affectée. "Je suis fracassé", a déclaré son compère Alain Delon à Europe 1, à l'annonce de sa mort. 

"Le sport m’a sauvé"

Il a fait cette déclaration au journal Le Parisien en 2018, en référence à son grave AVC en 2001, dont il a eu du mal à se remettre. "Le sport m'a sauvé plus par rapport à l'état d'esprit qu'il procure que par rapport à l'état physique dans lequel je me trouvais. Le sport nécessite de la résistance. C'est comme dans la boxe : je n'aimais pas recevoir des coups, mais quand j'en recevais, il fallait bien la fermer pour continuer à lutter. C'était la même chose à ce moment-là." 

Jean-Paul Belmondo, à Roland Garros avec Charles Gérard, le 29 mai 1978.
Jean-Paul Belmondo, à Roland Garros avec Charles Gérard, le 29 mai 1978. © AFP / DANIEL JANIN

Dans cette interview, il revient sur cette autre passion qui a animé toute sa vie : un temps boxeur, puis gardien de but au football, puis tennisman avec Delon, et même cycliste…

"Je n’ai jamais manqué de courage"

Lors de l'une des ses dernières apparitions publiques, Jean-Paul Belmondo a reçu un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, en 2017. Un prix qui a donné lieu à une standing ovation de plusieurs minutes. A l'issue de cet hommage poignant, il est revenu sur les tous débuts de sa carrière:  "Ces films que vous avez vus, ont pu se faire grâce à ma mère", a-t-il dit au gratin du cinéma français.

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"Tout jeune, quand j'allais au théâtre, tout le monde trouvait que j'avais une sale gueule. Une fois ça va, deux fois ça va, trois fois, non. Alors ma mère m'a dit: Tu dois être comme ton père, avoir du courage. Et je n'ai jamais manqué de courage, ce qui fait que je suis là", a-t-il dit d'une voix tremblante, appuyée sur sa canne.

"Vous savez, je n'ai pas peur de la fin. J'ai eu une vie si heureuse…"

« Prendre des années n’est pas très grave, car chaque âge a ses plaisirs et ses bonheurs », a-t-il déclaré dans une interview à Corse Matin en août 2018. En ajoutant, à propos de Jean Rochefort, Philippe Noiret et quelques autres : "Quand je pense à eux, et c'est souvent, je me sens très triste, mais je garde d'eux de merveilleux souvenirs, de grands moments de fraternité, des fous rires aussi. C'est la vie, et _je sais, je l'espère en tout cas, que je les retrouverai un jour là-haut…_"

Jean-Paul Belmondo aux obsèques de son ami Charles Gerard le 26 septembre 2019 à Paris.
Jean-Paul Belmondo aux obsèques de son ami Charles Gerard le 26 septembre 2019 à Paris. © AFP / SAMEER AL-DOUMY