La cérémonie des César, ce vendredi soir, a récompensé notamment le film de Jacques Audiard, ainsi que Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand. Les César ont également rendu hommage aux disparus Charles Aznavour, Michel Legrand et Francis Lai.

Kad Merad sur la scène de la Salle Pleyel, en ouverture des César 2019
Kad Merad sur la scène de la Salle Pleyel, en ouverture des César 2019 © AFP / Bertrand Guay

Les César sont le rendez-vous annuel du cinéma français… mais c’est un succès du cinéma américain qui a inspiré l’ouverture de cette 44e cérémonie : Bohemian Rhapsody. Habillé comme Freddie Mercury, Kad Merad, maître de cérémonie, a fait son entrée sur un “We Will Rock You” transformé en “C’est les César”… avant de reprendre à sa sauce plusieurs tubes de Queen.

Que fallait-il retenir de cette cérémonie ? On fait le point, en images. 

“Les Frères Sisters” et “Jusqu’à la garde” en tête des primés

Le début de la soirée a été riche en blagues sur les prix récurrents obtenus par Jacques Audiard… et Kad Merad ne s’était pas trompé. Son film ”Les Frères Sisters” a remporté quatre César dont celui du meilleur réalisateur (mais aussi meilleur son, meilleurs décors et meilleure photographie). L’autre grand gagnant de la soirée est “Jusqu’à la garde” de Xavier Legrand, qui repart également avec quatre César dont celui du meilleur film, du meilleur scénario, de la meilleure actrice et du meilleur montage. 

Surprise de la soirée, “Shéhérazade”, de Jean-Bernard Marlin, arrive en deuxième position dans ce palmarès avec trois César dont celui du meilleur premier film et les deux meilleurs espoirs (Dylan Robert et Kenza Fortas). 

Guy” d’Alex Lutz et “Les Chatouilles” d’Andréa Bescond et ont chacun remporté deux statuettes. Et c’est la déception pour “Le grand bain” qui repart avec un seul César décerné à Philippe Katerine. Quant à “En liberté” de Pierre Salvadori, qui bénéficiait pourtant de 9 nominations, il a fait chou blanc.

TOUT LE PALMARES DE LA CEREMONIE en cliquant ici

Le discours engagé de Léa Drucker

Récompensée par le César de la meilleure actrice pour son rôle de mère qui se bat pour la garde de ses enfants face à un ex-mari qu’elle accuse de violences dans Jusqu’à la garde, Léa Drucker a profité de son discours pour dédier son prix “à toutes ces femmes qui ne sont pas dans une fiction, qui sont dans une tragique réalité, celles qui sont parties, celles qui veulent partir, celles qui ne partiront pas, celles qui auraient dû partir, je pense à elles, à toutes les personnes qui les accompagnent, leurs familles, leur entourage, les associations, qui ont trop peu de moyens et qu’il faut aider”. 

Allant plus loin, elle a pointé du doigt les violences verbales et mots blessants que l’on utilise, parfois même sans en être conscients : “Je crois que la violence commence par les mots, je pense à tous ces mots qu’on utilise tous les jours, on croit qu’ils sont ordinaires, qu’ils sont banals, on les utilise sous couvert d’humour, et on ne se rend pas compte que c’est le début d’une menace. Ces mots-là c’est aussi le reflet d’une pensée, d’une idéologie dont on n’a pas conscience et qu’on doit combattre tous ensemble, hommes et femmes”. 

Les autres sujets de société en filigrane

Paradoxalement, alors que la plupart des films en sélection abordent des problématiques sociales, de la prostitution (Shéhérazade) à la dépression (Le Grand Bain) en passant par les violences conjugales (Jusqu'à la garde), il en a peu été question dans le déroulement de la cérémonie. 

Seul sujet abordé avec gravité : la protection des enfants victimes d’abus sexuels. Thème central de Les Chatouilles, primé deux fois, ce sujet a également été évoqué dans le discours d’Alyce Kartal qui a reçu le César du meilleur court-métrage d’animation pour “Vilaine Fille” : après un long silence, il a rappelé que "toutes les dix secondes dans le monde, un enfant est abusé sexuellement".

Le reste des sujets de société ont été à peine effleurés, sous la forme de blagues et de traits d’humour : Kad Merad faisant croire que le César du meilleur espoir féminin est remis par Yann Moix, Elie Semoun disant “L’année prochaine je viendrai en écolier devant Kevin Spacey”, ou Guillaume Galienne et son discours minimaliste : “J’avais préparé une blague, mais vu que je suis un mâle blanc hétéro je vais fermer ma gueule” 

Sur la place des femmes dans le milieu du cinéma, pourtant sujet largement abordé tout au long de l’année passée, il y a eu peu de prises de parole. Seule Audrey Fleurot, au moment de remettre le César du meilleur espoir féminin, a déclaré : “A l’origine des choses il y a toujours de la désobéissance. Je lui souhaite [à la lauréate, ndlr] d’ouvrir toutes les boites de Pandore, de croquer toutes les pommes”.

Kad (et son papa) et Olivier réunis sur scène pour le César des Tuche 3

Moment d’émotion pour le maître de cérémonie Kad Merad au moment de remettre le César du public au film Les Tuche 3, réalisé par son compère Olivier Baroux. Pour l’occasion, c’est le père de Kad, Mohamed Merad, qui est venu sur la scène des César remettre le prix à l’équipe du film. 

Les hommages d’Eddy de Pretto, Hollysiz et Stefi Celma à Aznavour, Legrand et Lai

L’année a également été marquée par de nombreuses disparitions. Comme chaque année la cérémonie des César a rendu hommage aux personnalités du monde du cinéma décédées dans l’année. Et au-delà, cette année, deux hommages musicaux ont été rendus, d’abord par Eddy de Pretto qui a interprété à sa façon “Je m’voyais déjà” de Charles Aznavour...

Puis par Hollysiz et Stefi Celma qui ont introduit un medley de titres de Michel Legrand et Françis Lai en interprétant la "Chanson d'un jour d'été" tirée des Demoiselles de Rochefort - accompagnées par l'orchestre des César, car des musiciens étaient présents sur scène pendant toute la cérémonie, un fait rare. 

… et de Jérôme Commandeur à Betty Marmont

Autre hommage rendu ce vendredi, celui de Jérôme Commandeur venu remplacer au pied levé la célèbre actrice Betty Marmont, disparue le jour même des suites d’un rhume. Evidemment Betty Marmont n’a jamais existé, mais le discours de l’humoriste est désopilant.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.