Blake Lively, Woody Allen et Kristen Stewart
Blake Lively, Woody Allen et Kristen Stewart © Getty Images

On a les avocats que l’on mérite. Ceux de Woody Allen ne font pas exception à la règle : très majoritaires sont les confrères qui encensent son nouveau à l’occasion de la sa sortie en salles concomitante avec sa présentation à Cannes en ouverture du Festival. Il semble que les critiques de cinéma sont parfois comme les enfants : ils adorent regarder le même film en boucle des heures durant. C’est l’impression que j’ai eue en découvrant « Café Society ». Tout est là qui a déjà été montré par Allen dans d’autres films : Hollywood, le carriérisme, la musique jazzy, les lieux communs sur l’amour, l’adultère, la nostalgie, la duplicité, le cinéma, l’argent. Ce n’est qu’à condition d’oublier, entre autres, « La Rose pourpre du Caire » ou « Hollywood Ending » que l’on pourrait s’esbaubir du discours et de l’esthétique portés par le film. Sinon, rien de neuf sous le soleil annuel allénien. Même pas le sentiment d’une variation brillante, puisque l’ironie n’est pas au rendez-vous. La doxa voudrait faire remonter à « Match Point » le dernier feu d’artifice véritable du cinéaste. C’est profondément injuste. « Blue Jasmine », c’était hier ou presque et là, Woody Allen prouvait son alacrité comme son mordant inentamés. Preuve, si besoin était, que le vieux lion peut encore rugir et nous avec. Un peu à court d’arguments, il faut bien l’avouer, les thuriféraires déjà évoqués font mine de se pâmer devant le brio de la mise en scène. Outre qu’il s’agit là d’une antienne très convenue, on y sent comme l’alibi de façade pour ne pas avouer que « Café Society » ne tient pas plus la route que cela. Autant vous prévenir tout de suite, on risque de se trouver confronté au même schéma avec les nouveaux films d’Almodovar et de Dumont notamment. Tout devient alors rituel : on écarte ce qui se dit (ou ne se dit pas ou se dit faiblement) au profit d’une forme toujours impeccable. La belle affaire ! Le beau scoop que voilà ! Woody Allen sait filmer ! Faites passer le message, svp. La redécouverte de l’Amérique tous les matins semble le sport préféré de certains ! Plus sérieusement, ce n’est pas forcément rendre un grand service à l’analyse critique de la filmographie de Woody Allen que de parer ce nouveau film de vertus dont il est profondément dépourvu. La mélancolie n’est plus ce qu’elle était a-t-on envie de dire. Reste que la montée des marches ce soir sera glamour, forcément glamour, la très talentueuse Kristen Stewart oblige. Mais, côté cinéma, on repassera, on attendra et gageons qu’on ne sera pas déçu. Tout vient à point etc.…

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