Adapté du livre de Chantal Thomas, ce film de Benoît Jacquot retrace les derniers jours de la Reine Marie-Antoinette.

de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Xavier Beauvois, Noémie Lvovsky, Michel Robin et Julie-Marie Parmentier.

En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés.

Plus qu'un film historique, cette histoire éclaire sur la période. Combien de temps a-t- il fallu aux hommes et aux femmes de la France de 1789 pour comprendre qu’ils avaient définitivement quitté ce monde qu’on appelle l’Ancien Régime pour rentrer dans une époque nouvelle qui est le début de la France moderne ?

Adapté du roman de Chantal Thomas, l'histoire est racontée du point de vue d'un personnage issu de l'entourage de Marie-Antoinette: Sidonie Laborde, sa lectrice attitrée, mais aussi une sorte de groupie avant la lettre."Sidonie est le vecteur de l’histoire", explique Benoît Jacquot, "Le film ne la lâche jamais. Je voulais qu’on ressente très précisément ce qu’elle éprouve au fur et à mesure des événements; qu’on s’immerge dans Versailles à sa hauteur de vue, en traversant les mêmes zones d’ombre qu’elle, et les mêmes moments de proximité. Faire partager sa perception au spectateur était une manière de rendre les choses les plus vivantes possible et d'éviter toute dimension passéiste."

Lucas Belvaux et Diane Kruger
Lucas Belvaux et Diane Kruger © Radio France / Ad Vitam

Dès la lecture du livre de Chantal Thomas, Benoît Jacquot a l'envie d'en faire un film. Mais réaliser un film d'époque est cher et le réalisateur ne connaît pas de producteur susceptible de mettre en œuvre un tel projet. Près de dix ans plus tard, lorsque Jean-Pierre Guérin, qui en a acquis les droits, lui propose de l'adapter, l'envie est toujours là. Le film est donc une adaptation de livre. Benoît Jacquot et son scénariste, Gilles Taurand, tout en prenant garde de ne rien dénaturer, ont dû faire des choix. Le premier d'entre eux, rajeunir le personnage de Sidonie pour en faire une très jeune femme. "Puis il a fallu abandonner des scènes et renoncer à certains personnages, réduire et condenser certains passages pour privilégier l’intensité dramatique", confie Benoît Jacquot. "C’est tout l’enjeu de ce genre d’entreprise. Il s’agit d’oublier le livre pour mieux le retrouver."

Léa Seydoux
Léa Seydoux © Radio France / Ad Vitam

Sidonie, la lectrice, éprouve une véritable passion pour Marie-Antoinette, la reine étant elle-même totalement éprise de la duchesse de Polignac. "Sidonie est littéralement folle de sa Reine !" explique Benoit Jacquot "Et cela m’intéressait beaucoup, qu’en regard de l’espèce de passion enfantine qu’elle éprouve pour Marie-Antoinette, il y ait une passion de type plus "pervers" entre la Reine et la Polignac (Virginie Ledoyen). Cette triangulation électrise le film." Et à propos de son interprète : "Léa Seydouxest quelqu’un qui vit en jeans et je voulais qu’elle habite ces robes, très compliquées à mettre, comme elle habiterait n’importe quels jeans aujourd’hui, et que, le faisant, elle ressente la contrainte de la robe; qu’elle soit rappelée à un maintien qui est celui du XVIIIe siècle, mais en le vivant comme si c’était aujourd’hui. Oui, elle est excellente."

Réalisateur comblé, Benoît Jacquot ne tarit pas d'éloge sur ses comédiens. "Diane Krugerest également très étonnante en Marie-Antoinette. Elle a la même origine que Marie-Antoinette et a l’âge exact du rôle. Marie-Antoinette, c’est elle, c’est une évidence. En tant qu’actrice, elle est l’exact opposé de Léa. Diane est rigoureuse, concentrée, très anglo-saxonne au fond, alors que Léa est animale, intuitive, climatique. Les confronter était excitant. Il était crucial que Léa, qui est présente du premier au dernier plan, soit entourée ; qu’elle ait affaire à des acteurs et des actrices qu’elle admire et qui lui mettent la barre haut. La population d’un film, c’est très important. Celui-là est merveilleusement peuplé."

Virginie Ledoyen
Virginie Ledoyen © Radio France / Ad Vitam

Les lieux du tournage

Benoît Jacquot a tourné une grande partie du film au château de Versailles. Un tournage à Versailles, c'est rare parce que cela coûte très cher. "Il faut vraiment décider, comme c'est le cas ici, que Versailles est un personnage principal" confirme le réalisateur. "On a tourné autant qu'on pouvait, c'est à dire tous les lundis et les nuits".D'autres châteaux ont également été utilisés. Les grandes galeries où circulent les nobles sont celles du château de Chantilly. La chambre de la Reine au Petit Trianon a été reconstituée à Maisons-Lafitte. La vraie était beaucoup trop petite pour y mettre une caméra. En revanche, les abords de la chambre, l’escalier qui y mène, l’entrée et les abords du Petit Trianon ont vraiment été tournés au Petit Trianon.

L'adieur à la reine
L'adieur à la reine © Radio France / Ad Vitam
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