Dans cette nouvelle série historique, Alain Tasma propose de partir à la rencontre du jeune Voltaire. Comment François-Marie Arouet devient-il Voltaire, le célèbre philosophe des Lumières connu comme l'un des plus grands maîtres à penser de notre histoire, instillant les premiers ferments de la Révolution française ?

Affiche de la série "Les Aventures du jeune voltaire" diffusée sur France 2, avec l'acteur Thomas Solivéres
Affiche de la série "Les Aventures du jeune voltaire" diffusée sur France 2, avec l'acteur Thomas Solivéres © jo Voets

La série présenté par Xavier Leherpeur 

Une mini-série de quatre épisodes diffusée sur France 2, en deux soirées, les 8 et 15 février. 

Tout commence lorsque l'auteur de Candide expire d'une voix d'outre-tombe mais encore pleine de passion. Il se souvient de ses jeunes années, où il se nomme encore François-Marie Arouet, marquées par un goût prononcé et revendiqué pour la désobéissance, dont son père fait en premier les frais. 

De ses pamphlets, qui lui valent la défiance du pouvoir et un passage par la Bastille, aux premiers succès de sa pièce Œdipe, la série revient sur ce bouillonnant bretteur des mots, fidèle en amitié, plus rarement en amour. Un garçon plein de sève, dans tous les sens du terme, qui collectionne les conquêtes, certaines étant assez intéressées et propices à l'ambition inextinguible de ce fils de roturier, passionné et fort en gueule et sagace pourfendeur des nombreuses mœurs hypocrites de l'époque. Il se glisse au niveau des plus grands qui l'admirent autant qu'ils le craignent. 

Un parcours haut en couleurs pour un jeune homme charmeur autant que arrogant, sûr de son talent et qui n'aura de cesse d'affirmer celui-ci de la scène de la Comédie française jusqu'aux couloirs de Versailles. 

Une série patrimoine créée par Alain Tasma, auteur de cinéma et de télévision auquel on devait en 2005 Nuit noire, 17 octobre 1961 ou, plus récemment, la série Aux animaux la guerre, d'après le roman éponyme de Nicolas Mathieu. 

Côté casting on retrouve Thomas Solivérès dans le rôle de Voltaire, un acteur que l’on avait pu voir dans la version cinématographique du film Edmond et dans la série Clash.  À ses côtés Christa Theret dans le rôle d’Adrienne Lecouvreur mais aussi Patrick D'Assumcao, Eugène Marcuse, Eric Caravaca, Hippolyte Girardot, Thibault de Montalembert ainsi que Maud Wyler et Valérie Bonneton.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Malgré "une bonne surprise", Benoît Lagane est "resté sur sa faim" 

BL : "Le côté positif c'est que j'ai regardé la série en me disant que c'était plutôt une bonne surprise parce que, au départ, je craignais la nouvelle série historique de qualité française. J'ai vu quelques pièces qui n'ont pas été très dépoussiérées mais il faut avouer quand même qu'il y a pas mal de choses : des scènes d'orgies, des choses qu'on ne verrait pas sur une chaîne comme France 2 à 21 h. 

Il y a des choses qu'on ne voyait pas, avant, à la TV et c'est plutôt bien

Thomas Solivérès est brillant dans le rôle de Voltaire, et à baffer. Tout ces éléments font que la série est globalement bonne.

Le problème, c'est qu'il n'y a que quatre épisodes et que tout tourne autour de ce fameux personnage, entouré de bon nombre de personnages qui ne sont que des figurants et qui font que je reste un peu sur ma faim. J'aurais aimé comprendre un peu plus ce qu'est la jeunesse de cette époque, par exemple. Pourtant Alain Tasma a très bien su le faire dans d'autres séries. C'est une série qui ne traite que de Voltaire

Au début, je l'ai trouvée plutôt bien et puis, au fil des épisodes, je me suis demandé quand est-ce ce que ça allait se terminer…"

Ava Cahen regrette "une série qui manque de modernité" 

AC : "Je suis plutôt sur le bémol. 

C'est moins une série qui traite de ses idées, de ses principes et de ses écrits que de ses histoires de fesse… 

Je comprends le parti pris de la série et c'est toujours très délicat de filmer quelqu'un au travail, en particulier un penseur. C'est la raison pour laquelle je comprends le choix de visiter ses jeunes années, ses copains, et la débauche parallèlement à l'écriture cinématographique de son succès grandissant. Il y a aussi sa famille très pieuse, son père, son grand frère jaloux qui se plaint que Voltaire lui fait honte parce qu'il ne vit pas comme un catholique mais comme un libertin.

Tout cela, c'est une matière à feuilletons, j'en conviens et si ça donne envie de lire ou de relire Voltaire comme Lupin a donné envie à la jeune génération de lire du Maurice Blanc, j'en suis la première à m'en réjouir. 

Mais je ne suis pas certaine que cette mini-série trouve son public jeune parce qu'elle manque de modernité

Et on s'en rend compte dès le prologue : 

  • Le procédé est usé à la corde
  • Voltaire est agonisant 
  • Le rythme est inégal 
  • Tout marine un peu dans son jus
  • Il y a des scènes très surexposées qui piquent un peu les yeux

Alors oui, le casting est royal, c'est la gageure de la série : Thomas Solivérès est très bon, on a des acteurs de théâtre, des acteurs de cinéma, des acteurs de télé, tous très identifiés. Mais je n'y trouve pas mon compte

On préfère dans cette série déboutonner des corsets et faire des sonnets pour séduire des aristos plutôt que de défendre les idées rebelles de notre Voltaire

Marianne Lévy totalement transportée dans le siècle de Voltaire !

ML : "Je me suis totalement laissée embarquer par ce grand retour de Voltaire à la télé. On y trouve tout ce qui manque à la série Paris Police 1900

  • De la finesse
  • Du contraste
  • De la délicatesse
  • De la gourmandise
  • Des dialogues brillants
  • Des personnages attachants
  • Un jeune Voltaire follement énergique. Un Thomas Solivérès génial !

Une série qui n'en a pas fait des caisses, contrairement à nos amis de Paris Police 1900. Je me demande si ce n'est pas ça la solution : oublier d'être là pour se mettre au service de ses personnages, se caler sur leurs pulsations cardiaques, ne jamais lâcher le regard de ses comédiens, faire confiance à la vie. Dans ce "Voltaire", on oublie les siècles, il y a juste l'ambition, la jalousie, le désir, la peur et surtout, la passion de la liberté

L'ascension de Voltaire devient la nôtre

Il nous parle d'une époque dans laquelle on résiste et d'une société qu'on rêve de changer, un questionnement sur le passage à l'âge adulte ultra universel que j'ai trouvé parfaitement mis en scène par un Alain Tasma qui invente une nouvelle forme de séries historiques : le classique pop".

Aller plus loin

► La série est disponible depuis le 8 février sur France Télévisions

🎧  Chaque samedi à 20h, retrouvez les critiques d'Une heure en séries, réunis autour de Xavier Leherpeur, pour parler séries télévisées.