Après Harry Baur, Gérard Depardieu, Claude Brasseur, c'est Vincent Cassel qui s’empare du rôle légendaire de Vidocq dans l'adaptation ciné de J-F Richet. Le casting est flamboyant (Patrick Chesnais, Fabrice Luchini, James Thierré…) mais le film est-il à la hauteur ? Découvrez les critiques du "Masque".

Vincent Cassel dans le rôle de Vidocq, l'empereur de Paris… Le film de Jean-François Richet est dans les salles depuis le 19 décembre 2018
Vincent Cassel dans le rôle de Vidocq, l'empereur de Paris… Le film de Jean-François Richet est dans les salles depuis le 19 décembre 2018 © Roger Arpajou / Mandarin Production / Gaumont

Le film résumé par Jérôme Garcin

Le film s’ouvre par une très violente mutinerie de galériens, au fond d’un bateau. Vidocq s’en échappe et débarque à Paris, où il est arrêté pour un meurtre qu’il n’a pas commis et signe un contrat d’indic avec le chef de la sûreté : il obtient sa liberté en combattant la pègre, qu’il connaît par cœur. Et c’est ainsi que l’ancien bagnard devient, sous le règne de Napoléon, le premier flic de France

Jean-François Richet a reconstitué en images de synthèse le Paris de l'Empire, sans oublier de montrer le peuple qui souffre...

Eric Neuhoff a trouvé le film "épouvantable"

EN : C'est d'une lourdeur ! C'est un film costumé, perruqué, amidonné, laqué, empoussiéré - c'est tout ce qu'il ne faut pas faire

C'est d'une violence gratuite en permanence

Tous les dialogues sont écrits au burin.

Le Paris est reconstitué en images numériques... mais ça se voit tellement ! C'est tellement moderne que quand on voit la construction de l'Arc de Triomphe, on a l'impression que les gilets jaunes vont venir taguer le monument ! Ce n'est pas "Vidocq", c'est "vide et toc" !

Ça dure presque deux heures mais on a l’impression que c'est une série qui n'en finira jamais... et la fin laisse augurer le pire puisqu'on nous menace d'une suite ! ("Vidocq fait du ski" ? "Vidocq contre Frankenstein" ?)

Même Fabrice Luchini en prend pour son grade ! Eric Neuhoff à propos du film de Jean-François Richet : "Vincent Cassel tire à peu près son épingle du jeu mais tous les autres..."
Même Fabrice Luchini en prend pour son grade ! Eric Neuhoff à propos du film de Jean-François Richet : "Vincent Cassel tire à peu près son épingle du jeu mais tous les autres..." / Roger Arpajou / Mandarin Production / Gaumont

Danièle Heymann a vu un film "énervé", "brutal"

DH : On regrette Marcel Bluwal [le réalisateur du Vidocq de 1966] !

C'est un film extrêmement énervé, brutal. Des bastons permanentes. Au bout d'une demi-heure de bastons, on en a assez…Cassel se régale , il en fait des tonnes. Mais il n'y a pas un moment d’émotion. 

Jean-Marc Lalanne gêné par l'apologie des milices privées

JML : C'est très décevant d'autant plus que Richet a déjà prouvé que c'était un très bon cinéaste d'action et sur ce terrain-là, il y avait une vision politique qui était plus forte dans Mesrine : une crapule dans un monde profondément injuste, qu'est-ce que ça peut produire comme ambivalence ?... C'est aussi le sujet de ce film-là et ça n'aboutit qu'à un nihilisme que je trouve antipathique. Il y a une espèce d'apologie des milices privées que je trouve presque louche. 

Plastiquement, je trouve le film assez ringard, très décevant ! Christophe Gans avec le Pacte des loups (2001) ressuscitait le film de cape et d'épée à la française à l'ère des jeux vidéo de manière beaucoup plus moderne et habile. Là, je trouve vraiment le film laid et ingrat.

Michel Ciment constate une "fascination pour le tabassage" écœurante 

MC : Il y a un film, qui était sorti au retour des vacances, Un peuple et son roi, où il y avait un vrai projet. C'est l'évocation historique d'un personnage historique, comme dans l'Empereur de Paris, mais il y avait un projet original avec des séquences très impressionnantes. 

Ici je trouve le scénario très faible parce qu'il n'a  pas de ligne directrice, on ne sort pas avec une image de Vidocq qui se défende. 

D'autre part, je ne trouve pas que Richet soit un grand cinéaste d'action : dans les grands films d’action, de Raoul Walsh ou de Fritz Lang, il y a un point de vue moral sur la violence.... qui est complètement disparu dans ce film. Ici c'est une fascination pour le tabassage et à un moment ça devient écœurant - et je suis d'accord avec Jean-Marc, c'est très suspect. 

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🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos du film sur le plateau du Masque et la Plume... 

5 min

"L’Empereur de Paris" de Jean-François Richet : les critiques du Masque et la Plume

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À noter que d'autres critiques de films du Masque et la Plume sont à retrouver ici !

Vincent Cassel dans l'adaptation de "Vidocq" par Jean-François Richet
Vincent Cassel dans l'adaptation de "Vidocq" par Jean-François Richet / Roger Arpajou / Mandarin Production / Gaumont
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