Un film d'Asghar Farhadi, avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian...

Après avoir connu la consécration internationale grâce à son film Une Séparation(2011), Asghar Farhadi a profité de l'occasion pour faire connaître ses anciens films, tels que La Fête du feu (2011) et A propos d'Elly (2011). Les Enfants de Belle Ville a été son deuxième long métrageréalisé en 2004 , et sort aujourd'hui en France huit ans plus tard.

A l'instar de ses autres films, Les Enfants de Belle Ville reflète la situation de la société iranienne et la remet en question. Après les problèmes des couples en crise, l'adultère, le divorce et la vieillesse, Farhadi aborde dans ce film la peine de mort qui est encore un châtiment très pratiqué en Iran.

La critique de Laurence Peuron
Synopsis : Akbar est jeune, il vient d’avoir 18 ans, mais Akbar est condamné à mort. Alors qu’il attend son exécution dans une prison de Téhéran, **son meilleur ami et sa sœur vont tenter d’obtenir le pardon du père de sa victime,** seul moyen pour lui d’échapper à son destin. Asghar Farhadi dit à son propos de son film qu’il s’agit d’une « **guerre du bien contre le mal** ». Il raconte la confrontation de deux familles à propos d'un meurtre sans que personne ne puisse jamais se prononcer en faveur de l’une ou de l’autre. La frontière entre le bien et le mal n'existe pas. Nous ne possédons pas forcément assez d’éléments pour pouvoir dessiner cette frontière. Le film parle aussi du prix à payer pour gagner sa liberté, en l’occurrence **le prix du sang** … Un principe très complexe du système juridique iranien. Il s’agit d’une sorte de dédommagement que l'auteur d’un crime peut payer à la famille de sa victime afin de se libérer de sa peine. Mais ce n’est pas le sujet principal des _Enfants de Belle Ville_ . Il s’agit pour le réalisateur **d'interroger** **cette pratique.** Autre thème du film : **l’amour** . Une histoire d’amour nait entre le héros et la sœur de son meilleur ami. La jeune femme est plutôt émancipée : elle fume, elle boit, elle assume d'avoir été mariée, d'avoir des relations amicales avec un autre homme… Asghar Farhadi à ce sujet : «**j’ai le sentiment que l’amour n’a jamais été aussi présent. C'est pourtant une histoire très étrange, en ce sens que l’amour est impossible entre les deux personnages** , mais eux-mêmes poussent à y croire et à penser que tout est possible. Et même s’ils se séparent à la fin, je suis persuadé que cette histoire restera gravée dans leurs cœurs. »
Les enfants de Belle Ville
Les enfants de Belle Ville © Les Enfants de belle ville
Pour le choix des comédiens, l’auteur d’Une Séparation a beaucoup cherché : « le rôle d’Akbar a été difficile à attribuer. J'ai vu environ une centaine de garçons qui s’approchaient de l'âge et du physique de ce que j’avais en tête pour ce rôle, mais aucun ne me satisfaisait. Je me souviens que j’étais complètement déprimé, je me disais que je ne trouverais jamais ce personnage-là. Le temps pressait et je devais partir en voyage, et c’est à l'aéroport, avant de prendre un vol pour la Corée, qu’un jeune homme s'est présenté, on lui avait dit où j’étais et ce que je cherchais. **Quand je l'ai vu, j’ai tout de suite compris qu’il correspondait à l’idée que je m’étais fait d’Akbar, y compris le ton de sa voix** . A l’inverse, pour le rôle de Firoozeh, j’ai pensé immédiatement à **Taraneh Alidoosti** même si à l’époque elle n'avait pas beaucoup d'expérience comme comédienne. Elle avait seulement joué dans un film qui avait eu beaucoup de succès en Iran. »
Les enfants de belle ville 2
Les enfants de belle ville 2 © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.